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En profondeur

Journaliste: Florent Daudens

Mise à jour le vendredi 1 octobre 2010 à 11 h 03

Le 28e gouverneur général

Le candidat parfait? Dès que la nouvelle de sa nomination a été connue, David Johnston s'est placé sous le signe du dévouement. « Ma femme et moi avons toujours cru que le service, que ce soit pour la famille, la communauté, l'université ou le pays, est l'appel le plus noble », a-t-il déclaré dans sa première allocution publique.

Par ces quelques mots, celui qui devient le 28e gouverneur général du Canada a résumé sa carrière.

David Johnston, gouverneur général du Canada, devant le Sénat (archives)

Photo: La Presse Canadienne /Adrian Wyld

David Johnston, gouverneur général du Canada (archives)

La famille, tout d'abord. Né à Sudbury le 28 juin 1941, il a passé une partie de son enfance à Sault-Ste-Marie, en Ontario.

Il est marié à Sharon Johnston, physiothérapeute de formation, directrice d'un centre d'équitation et auteure de plusieurs livres. Il est père de cinq filles et grand-père de sept petits-enfants.

Une brillante carrière universitaire

L'université, ensuite. M. Johnston a décroché un baccalauréat ès arts à l'Université Harvard en 1963, en plus de s'illustrer comme joueur de hockey dans l'équipe universitaire. Il obtient un baccalauréat en droit à l'université britannique de Cambridge en 1965, puis un autre à l'Université Queen's en Ontario un an plus tard.

Il prend alors la voie d'une carrière intellectuelle au sein de plusieurs universités canadiennes, en commençant par un poste de professeur adjoint de droit à l'Université Queen's. En 1979, il entame un mandat de principal et de vice-chancelier à l'Université McGill, poste qu'il conservera jusqu'en 1994. Cinq ans plus tard, il occupera la même fonction à l'Université Waterloo, et ce, jusqu'à sa nomination en tant que gouverneur général.

En tant que professeur, il s'est penché sur la régulation financière, le droit des affaires, les politiques publiques et les technologies de l'information. Auteur de près d'une vingtaine de livres, dont If Quebec Goes... : The Real Cost of Separation sur l'indépendance du Québec, il a aussi récolté 14 doctorats honorifiques.

Quant à son engagement dans la communauté, il a participé à 14 associations universitaires, à près d'une trentaine de comités gouvernementaux et à une quinzaine de conseils d'administration, dont ceux de CGI, d'Alcatel et de Fairfax. En 2009, il a reçu une rémunération de 126 508 $ à titre d'administrateur pour CGI.

Un comité spécial

Le premier ministre Stephen Harper avait mandaté un comité spécial pour trouver le meilleur candidat possible au poste de gouverneur général, ce qui est une initiative inusitée.

Dans sa recherche, le comité aurait exclu, selon le réseau TVA, que le candidat soit issu des mondes du sport et de la culture, privilégiant plutôt une expertise dans le domaine constitutionnel et les procédures parlementaires. Ce choix du comité s'expliquerait par l'éventualité d'une succession de gouvernements minoritaires à Ottawa.

La tradition canadienne veut qu'il y ait alternance entre anglophones et francophones pour la fonction de gouverneur général.

Au service du pays...

Reste le pays. Dans sa première déclaration après sa nomination, M. Johnston a évoqué Samuel de Champlain.

Ce soldat las de la guerre avait un rêve d'humanité et de paix dans un monde de cruauté et de violence. Il envisageait un nouveau monde où les gens de cultures différentes pourraient vivre ensemble dans l'amitié et l'harmonie.

— David Johnston évoquant Samuel de Champlain

Et d'ajouter qu'il comptait suivre l'exemple du « père de la Nouvelle-France » et des gouverneurs généraux du pays.

Le futur gouverneur général a déjà obtenu la reconnaissance du pays en étant nommé officier puis compagnon de l'Ordre du Canada, respectivement en 1988 et en 1998. « Son nom est synonyme de leadership », peut-on lire dans les archives de l'Ordre.

Son implication dans les affaires de l'État se traduit aussi par sa participation à plusieurs comités gouvernementaux, tant provinciaux que fédéraux. Il a notamment présidé le Comité consultatif sur l'autoroute de l'information au tournant du siècle. Plus récemment, il a été chargé par le gouvernement conservateur de formuler des recommandations sur le mandat d'une éventuelle enquête publique concernant les liens entre l'ancien premier ministre Brian Mulroney et l'homme d'affaires germano-canadien Karlheinz Schreiber.

Au fil de ses implications, M. Johnston a évité de montrer une préférence pour un parti politique. Il a d'ailleurs animé deux débats des chefs lors de campagnes fédérales. Toutefois, il a coprésidé le Comité du non au référendum sur l'indépendance du Québec en 1995.

... et des individus

Mais c'est avant tous les individus qu'il compte servir lors de son mandat de gouverneur général. « L'un des plus grands privilèges qui sont donnés au gouverneur général est de faire connaissance avec les Canadiens et les Canadiennes d'un océan à l'autre », a-t-il déclaré.

En tant que représentant de la reine au Canada, qui est notre chef d'État, je serai un vaillant défenseur du patrimoine canadien, des institutions canadiennes et du peuple canadien.

— David Johnston

Il a ajouté avoir hâte de rencontrer les « braves hommes et femmes » des Forces canadiennes, dont il deviendra le commandant en chef.

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