Le prix coupé de moitié au Québec

Le point de presse du ministre de la Santé Yves Bolduc

La baisse prochaine du prix des génériques en Ontario aura des répercussions positives au Québec. En vertu des dispositions réglementaires en vigueur, les fabricants doivent offrir à la province le prix le plus bas au pays, a rappelé le ministre Yves Bolduc.

La baisse prochaine du prix des médicaments génériques en Ontario aura des répercussions positives au Québec, puisque les patients québécois en profiteront eux aussi, a indiqué vendredi le ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc.

Le ministre a qualifié l'annonce d'« excellente nouvelle pour les contribuables québécois du régime général d'assurance médicaments et aussi pour les finances publiques du Québec ».

M. Bolduc a ainsi précisé que le régime public réalisera des économies de l'ordre de 164 millions de dollars par année. Selon le ministre, les économies réalisées contribueront à « assurer la pérennité du régime ».

La Régie de l'assurance maladie du Québec dépense actuellement
750 millions de dollars par année
pour l'achat de médicaments génériques.

Le ministre a rappelé que l'Ontario a déjà annoncé qu'à compter de juillet, le prix du médicament générique s'établira de façon générale à 25 % du prix du produit innovateur correspondant. Actuellement, le barème pratiqué au Québec est de 54 %.

« L'Ontario a procédé par voie réglementaire, mais il n'est pas nécessaire de suivre la même voie au Québec, a expliqué le ministre. Ce qu'on appelle "l'engagement des fabricants" [conclu en 2006]couvre déjà ce genre de situation ».

Rappelant les dispositions réglementaires en vigueur au Québec, le ministre Bolduc a précisé que « tout fabricant de médicaments qui souhaite inscrire un de ses produits sur la liste des médicaments remboursés par le régime doit soumettre un prix garanti ».

Ainsi, la politique québécoise du médicament fait en sorte que « les fabricants s'engagent à offrir au Québec le prix le plus bas » au Canada, a rappelé le ministre. « C'est pourquoi une baisse de prix ailleurs au Canada doit nécessairement se traduire par un prix équivalent chez nous ».

« Au fur et à mesure que les prix entreront en vigueur en Ontario, ils devront aussi être proposés au Québec », a poursuivi Yves Bolduc. Le Conseil du médicament et la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) « donneront les suites voulues », a assuré le ministre, et « les baisses de prix pourront s'appliquer rapidement ».

Québec solidaire critique

Le député de Québec solidaire Amir Khadir juge insuffisants les rabaisqu'obtiendra le gouvernement du Québec. À ses yeux, le gouvernement Charest aurait dû faire preuve de la même détermination que l'Ontario plutôt que de se contenter d'encaisser les dividendes de la décision de Queen's Park.

« Le gouvernement québécois fait preuve d'une complaisance scandaleuse qui nous a couté des milliards de dollars en coûts de médicaments depuis plusieurs années », a déploré le député.

« Il pourrait aller chercher plus sur les génériques en décrétant lui aussi une baisse de 50 % du barème de prix payé pour les génériques, a-t-il dit. Appliqué sur les 700 millions de dollars d'achat de génériques par la RAMQ, cela devrait permettre une économie de 350 millions de dollars, alors que le gouvernement se contente de 164 millions. »

Le député a également rappelé des révélations faites par le Globe and Mail en mars dernier. Le quotidien rapportait que l'Ontario achète depuis quatre ans des médicaments d'origine en-deçà du prix affiché en vertu d'un système de rabais tenu secret impliquant près de 50 firmes pharmaceutiques.

Selon des sources de l'industrie, le prix payé serait 40 % inférieur à celui du marché.

La RAMQ a lancé une enquête sur les rabais consentis à l'Ontario pour savoir l'importance des sommes que le Québec aurait pu économiser.

Le député de Mercier dit attendre encore le résultat de l'enquête.