Divers scénarios sont envisagés

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Le ministre Sam Hamad Le ministre Sam Hamad

Le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad, confirme que plusieurs possibilités sont à l'étude au sujet des mesures concernant l'aide sociale, visant à encourager le retour à l'emploi de certains prestataires.

Québec étudie plusieurs scénarios au sujet des mesures concernant l'aide sociale. C'est ce qu'a confirmé jeudi le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad.

Il a admis que diverses hypothèses sont étudiées pour « encourager » le retour à l'emploi de certains prestataires.

Il a toutefois refusé de confirmer les informations selon lesquelles un de ces plans fait en sorte que les prestations d'aide sociale seraient revues à la baisse, ce qui toucherait 20 000 ménages, notamment les mères monoparentales.

En raison du dynamisme du marché du travail, le ministre songe à abolir « l'allocation pour contraintes temporaires » pour plusieurs catégories de prestataires, comme les mères célibataires et les personnes d'un certain âge.

Une telle compression priverait plus de 11 000 mères monoparentales et 10 000 familles avec deux parents d'une allocation supplémentaire d'environ 120 $ par mois. De plus, Québec ne verserait plus l'allocation pour contraintes temporaires aux bénéficiaires âgés de 55 à 60 ans.

De telles mesures d'austérité permettraient d'économiser de 30 millions à 40 millions de dollars d'ici 2012.

« Ces scénarios, si jamais [ils] se concrétisent, ils vont être en cohérence avec la politique [du] gouvernement du Québec, c'est à dire, valoriser le travail, valoriser les efforts. » — Sam Hamad

Un vent de critiques

L'opposition péquiste n'a pas manqué de rappeler que le ministre n'avait rien dit des compressions à venir lors de l'annonce dimanche dernier du plan de 7 milliards de dollars sur 5 ans pour lutter contre la pauvreté.

La porte-parole de l'opposition officielle en matière d'emploi et de solidarité sociale, Monique Richard, considère que ce sont les femmes qui feront en grande partie les frais des exigences du gouvernement afin de retourner au déficit zéro.

« Jusqu'où iront [sic] le mépris et le cynisme de ce gouvernement? Ce n'est pas un plan de lutte à la pauvreté qu'on a présenté, c'est un plan de lutte aux pauvres. » — Monique Richard

Une telle possibilité fait craindre le pire à la Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec. Sa directrice, Sylvie Lévesque, considère qu'il faut, au contraire, « améliorer les revenus par différents moyens », comme la fiscalité, le logement ou les transports.

« C'est faux de dire que, plus on va donner à l'aide sociale, plus elles vont rester à l'aide sociale. Au contraire, les mères monoparentales sont celles qui participent le plus aux mesures et se sont sorties le plus de la pauvreté. » — Sylvie Lévesque

Refiler aux pauvres la facture du déficit zéro

Pour le porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté, Serge Petitclerc, il est clair que le ministre tente de refiler aux pauvres la facture du déficit zéro.

Pour sa part, le Front commun des personnes assistées sociales estime que le gouvernement a choisi la mauvaise cible en « attaquant » les plus pauvres. Sa porte-parole, Amélie Châteauneuf, « ne comprend pas la raison de ces attaques, surtout après le plan de lutte annoncé par le gouvernement ».

« C'est un bien mauvais choix de la part du gouvernement. » — Amélie Châteauneuf