Québec annonce son plan

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
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Le gouvernement annonce la mise en place d'un plan pour combattre la pauvreté, d'une valeur de près de 7 milliards de dollars sur 5 ans. Déjà, l'opposition ainsi que des groupes sociaux et syndicaux ne manquent pas de le critiquer.

Québec a fait l'annonce dimanche d'un plan de près de 7 milliards de dollars pour combattre la pauvreté.

C'est le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale et ministre du Travail, Sam Hamad, accompagné de la ministre déléguée aux Services sociaux, Lise Thériault, qui en a donné les détails.

Le plan qui s'étalera sur 5 ans comprend, entre autres, la construction de 3 000 logements sociaux et la mise en place d'un crédit d'impôt pour la solidarité afin d'atténuer la hausse des tarifs et des taxes prévue dans le budget Bachand.

Il remplacera le crédit d'impôt pour la TVQ, le remboursement d'impôts fonciers et le crédit d'impôt pour les particuliers habitant un village nordique, tout en les bonifiant.

Il est évalué que jusqu'à 2,7 millions de ménages pourront en profiter, soit 200 000 de plus qu'auparavant.

En outre, Québec devrait réviser annuellement le salaire minimum, et tenir compte de ses effets sur la pauvreté. Ainsi, les prestations d'aide financière de dernier recours devraient être indexées en conséquence.

Le ministre Sam Hamad soutient que son crédit de solidarité va permettre à une personne seule ou à une famille d'absorber les augmentations de tarif et d'augmenter leur pouvoir d'achat.

« Ce qui va rester, malgré toutes les augmentations des tarifs en 2013, cette personne-là aura 150 $ nets dans ses poches. La même chose pour une famille [...], la famille va avoir 200 $ nets dans ses poches d'ici 2013. Pour ça, le crédit de solidarité est important. » — Sam Hamad

Des réactions négatives

L'opposition officielle à l'Assemblée nationale n'a pas tardé à faire connaître sa réaction négative. La porte-parole du Parti québécois en matière d'emploi et de solidarité sociale, Monique Richard, considère que les nouvelles propositions du gouvernement Charest sont « assez ténues ».

Parlant du crédit de solidarité, Monique Richard souligne que lorsque le ministre Hamad a été interrogé à ce sujet lors de l'étude des crédits, le montant offert par le gouvernement représente pour une personne seule qui vit sous le seuil de la pauvreté, donc sur la sécurité du revenu, environ 50 cents par jour en 2013. Pour une personne qui gagne 20 000 $ et moins, ce montant est d'un peu plus de 40 cents par jour en 2013.

« Ce n'est pas avec cela que l'on va payer la hausse des tarifs d'électricité, que l'on va contrer le ticket modérateur, que l'on va payer les coûts d'essence, que l'on va être en mesure de suivre le coût de la vie, particulièrement, pensons aux augmentations sur les biens qui sont absolument essentiels. » — Monique Richard

Pour sa part, Serge Peticlerc, du Collectif pour un Québec sans pauvreté, soutient que cette annonce n'est rien d'autre que « la répétition de ce que l'on trouvait dans le budget du 31 mars dernier ».

« Ceci n'est pas un plan de lutte contre la pauvreté, c'est au mieux une collection de mesures [...]. Ce n'est surtout pas un plan de lutte qui va faire en sorte que l'on va reconnaître le droit de tous les Québécois et de toutes les Québécoises à un revenu décent. » — Serge Peticlerc

D'autres groupes communautaires ou syndicaux ont également critiqué le plan du gouvernement Charest. C'est le cas de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), qui déplore que les nouvelles sommes injectées dans le plan servent surtout à compenser les augmentations annoncées dans le dernier budget. Sa présidente, Claudette Carbonneau, rappelle qu'il est nécessaire de poursuivre la lutte contre la pauvreté.