Le premier ministre Stephen Harper
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PC/Sean Kilpatrick
Le chef du Bloc québécois Gilles Duceppe s'insurge contre la décision des conservateurs d'interdire au personnel politique de témoigner devant les comités des Communes.
Ottawa muselle son personnel politique. Le gouvernement Harper a publié une directive en ce sens mardi, qui évite au personnel des ministres de comparaître devant des comités parlementaires. Seuls les ministres pourront s'y présenter.
Cette proposition intervient après que l'attaché de presse du premier ministre Dimitri Soudas eut déclaré en fin de semaine qu'il ne se présenterait pas devant le Comité permanent de l'accès à l'information, de la protection des renseignements personnels et de l'éthique.
« Les ministres sont ceux qui sont responsables des politiques, des opérations et des décisions prises par leur personnel », a déclaré M. Soudas lors de l'émission de télévision Question Period, au réseau CTV.
L'opposition fulmine
Cette déclaration a fait sursauter le chef du Bloc québécois. Gilles Duceppe a qualifié la nouvelle position conservatrice de tout « simplement inacceptable. »
M. Duceppe a fait remarquer que si chaque citoyen a le devoir de témoigner lorsqu'on le lui demande, pourquoi les normes seraient-elles différentes pour le personnel des cabinets ministériels. Il fait remarquer que les comités ont le pouvoir de contraindre les personnes à comparaître devant eux, avec une citation à comparaître.
Le leader en Chambre du Parti libéral du Canada, Ralph Goodale, a lui aussi dénoncé la décision du gouvernement. Selon lui, il s'agit de la nouvelle tentative du gouvernement conservateur pour faire obstacle à la transparence et à l'imputabilité.
Le chef du NPD, Jack Layton, a abondé dans le même sens, accusant le gouvernement d'agir ainsi pour éviter de répondre à des questions sur des dossiers qui pourraient l'embarrasser.
Furieuse, l'opposition évoque la possibilité de déposer une motion d'outrage au Parlement contre Dimitri Soudas s'il s'entête dans son refus de témoigner.
Le ministre Christian Paradis a défendu le gouvernement en affirmant que la comparution de membres du personnel politique a eu pour effet de transformer les séances en cirque et que les partis d'opposition ont abusé de la situation.
Le leader parlementaire du gouvernement, Jay Hill, a renchéri en expliquant que les comités ne traitaient pas équitablement les employés des cabinets ministériels lorsqu'ils sont appelés à témoigner. Dorénavant, a ajouté M. Hill, ce sont les ministres qui répondront des gestes de leurs collaborateurs.
Cette offensive conservatrice intervient quelques jours après que le gouvernement et les députés de l'opposition ont réglé un différend au sujet de la publication de documents sur les détenus afghans.