Huit jours après avoir été nommé procureur principal de la commission Bastarache chargée d'enquêter sur la nomination des juges, l'avocat Pierre Cimon a indiqué qu'il quittait ses fonctions.
L'avocat Pierre Cimon quitte ses fonctions de procureur principal de la commission chargée d'enquêter sur le processus de nomination des juges. Sa crédibilité a été critiquée par l'ex-ministre Marc Bellemare en raison de ses dons au PLQ.
L'ancien ministre de la Justice Marc Bellemare, dont les déclarations sont à l'origine de la mise sur pied de l'enquête présidée par l'ancien juge Michel Bastarache, avait qualifié de partisane la nomination de Pierre Cimon comme procureur principal, rappelant que celui-ci a été un donateur du Parti libéral du Québec pendant de longues années. Il avait soutenu que sa présence au sein de la commission pourrait compromettre l'enquête.
Dans un communiqué publié mardi par le cabinet Ogilvy Renault, pour laquelle travaille Me Cimon, celui-ci affirme qu'il « n'entretient aucun lien de quelque nature que ce soit avec aucun parti politique et qu'il n'en a jamais entretenu » et qu'il « aurait accompli son travail de procureur avec compétence et intégrité ».
« Je n'ai jamais assisté à une réunion à caractère politique et n'ai jamais sollicité de mandat ni reçu d'avantage de la part d'un gouvernement », a-t-il soutenu.
Mutisme, applaudissements et réserves
La porte-parole du PQ en matière de justice, Véronique Hivon s'est réjouie de la décision prise par Me Cimon.
La députée de Joliette assure cependant que son parti n'a jamais « remis en cause » la compétence de cet « avocat renommé à juste raison ». « Mais ce n'était pas le bon avocat pour le bon mandat », dit-elle, « parce qu'on sait que Me Cimon est un contributeur assidu du Parti libéral depuis plus de 25 ans ».
Le porte-parole de Québec solidaire Amir Khadir a réagi de façon plus critique. « Je crois que le juge Bastarache a déjà une sérieuse pente à remonter », a-t-il dit. En plus d'appeler M. Bastarache « à plus de prudence » la prochaine fois qu'il nommera quelqu'un à la commission, il ne s'est pas gêné pour le critiquer au passage, rappelant qu'il travaillait pour la firme d'avocats Heenan Blaikie.
Rappelons qu'il y a quelques semaines, Québec solidaire avait estimé qu'au total, les personnes à l'emploi de Heenan Blaikie avaient donné plus de 300 000 $ au PLQ entre 2003 et 2008. Au cours de la même période, avait indiqué la formation, la firme s'était vu octroyer par le gouvernement des mandats pour plus de 2 millions de dollars.
Marc Bellemare a de son côté indiqué qu'il ne réagirait pas à ces derniers développements. Récemment, M. Bellemare avait non seulement critiqué la nomination de Me Cimon, mais, commentant les liens de Heenan Blaikie avec le Parti libéral, il s'était demandé dans une entrevue au Devoir s'il n'avait pas « affaire à une clique ».
Guy Versailles, le porte-parole de la commission Bastarache s'est refusé à tout commentaire.
La semaine dernière, M. Bastarache a publié un communiqué dans lequel il disait avoir exploré avec chacun des membres de son équipe les possibilités de conflit d'intérêts avant de retenir leurs services, et conclu qu'il n'y en avait pas.