Jacques Dupuis nie toute ingérence

L'entretien d'Anne-Marie Dussault avec Jacques Dupuis, ministre de la Sécurité publique du Québec

Le ministre de la Sécurité publique du Québec, Jacques Dupuis, réitère que ni lui ni son bureau ne sont intervenus pour aider le patron de l'agence de sécurité BCIA, Luigi Coretti, à obtenir un permis de port d'arme.

Le ministre de la Sécurité publique du Québec réitère que ni lui ni son bureau ne sont intervenus pour aider le patron de l'agence de sécurité BCIA à obtenir un permis de port d'arme, alors que sa version des faits est contredite par des sources policières.

La Presse révélait mardi matin que son chef de cabinet, Jocelyn Turcotte, a passé un coup de fil à la Sûreté du Québec (SQ) relativement à cette affaire, alors qu'il était son attaché politique.

Cette information contredit la version de M. Dupuis, qui a affirmé la semaine dernière que son cabinet n'est pas intervenu auprès de la SQ. Il avait toutefois reconnu avoir reçu le patron de BCIA à son bureau, à la demande du ministre Tony Tomassi, et demandé à son assistant, M. Turcotte, de le rencontrer.

En entrevue à RDI, le ministre Dupuis a expliqué que son attaché de presse a téléphoné à la SQ pour mettre des informations au clair, puisque M. Coretti affirmait « être mal traité ».

« Jocelyn Turcotte n'a fait aucune intervention indue, aucune pression pour faire changer la décision de la Sûreté du Québec. » — Jacques Dupuis

Il donne comme preuve que la SQ a continué de refuser d'octroyer un permis de port d'arme à M. Coretti durant les deux mois suivant leur rencontre au printemps 2008. Ce n'est qu'en juillet, après une nouvelle demande, que le patron de BCIA a finalement obtenu ce qu'il voulait.

Enfin, Jacques Dupuis a jugé qu'il était « tout à fait normal et correct » qu'un ministre de la Sécurité publique, qui est responsable des agences de sécurité, rencontre sa « clientèle ».

Du côté de la SQ, le directeur Richard Deschesnes a affirmé que la police provinciale n'était soumise à aucune influence. « On n'a pas d'interférence ou d'ingérence de qui que ce soit. On est autonome, on est des grands garçons et on va faire le travail que l'on a à faire et c'est ce que la population attend de nous », a déclaré M. Deschesnes.

Vendredi, le contrôleur des armes à feu de la SQ, Yves Massé, a soutenu que ces informations étaient confidentielles et a refusé de faire des commentaires.

Le jugement de Dupuis mis en doute

Gérard Deltell, chef de l'ADQ Gérard Deltell, chef de l'ADQ

Les partis d'opposition sont insatisfaits des explications du ministre Dupuis. Le chef de l'Action démocratique du Québec, Gérard Deltell, accuse le ministre de s'être « ingéré » dans le monde policier, simplement en acceptant de rencontrer M. Coretti, sachant ce qu'il voulait.

« La question du port d'arme est une question purement technique qui relève exclusivement du monde judiciaire et policier. Le politique n'a strictement rien à voir à ça », a affirmé M. Deltell en point de presse.

« M. Dupuis a fait preuve d'un manque de jugement très grave qui entache sa réputation, qui entache notre processus policier, et qui commande une action sévère de notre premier ministre », a-t-il poursuivi.