Jean Charest
Le premier ministre du Québec, Jean Charest, se porte encore une fois à la défense de son ministre de la Famille, Tony Tomassi, toujours sur la sellette pour sa gestion du réseau de garderies.
Le premier ministre soutient que son ministre de la Famille n'a fait que son travail en redistribuant 435 places en garderies, car les établissements qui en avaient la responsabilité étaient incapables de les ouvrir.
De passage à Chicago, mardi, M. Charest a indiqué qu'il ne voyait aucune contradiction dans les propos de son ministre, qui a affirmé n'avoir autorisé aucune nouvelle place en garderie depuis son entrée en fonction en décembre 2008.
Or, M. Tomassi admet maintenant qu'il a redistribué des places dans le réseau parce que les garderies qui en avaient la responsabilité n'étaient pas capables de les ouvrir.
Selon M. Charest, le ministre Tomassi n'a fait que son travail en réaffectant 435 places, comme l'a rapporté le quotidien La Presse.
Jean Charest a ajouté qu'il croyait que le ministre fait bien son travail et que les allégations de favoritisme dont il fait l'objet sont sans fondement.
« Quand on creuse un petit peu, on découvre que derrière ces allégations, il y a un travail que le ministre fait, au mieux de ses possibilités, de ses talents et il le fait correctement et en vertu des règles », a dit M. Charest.
Qu'à cela ne tienne, le Parti québécois a une nouvelle fois demandé la démission du ministre de la Famille.
« Le PLQ est devenu tellement accro à l'argent que leur philosophie, ce n'est pas un enfant, une place, mais un enfant une piastre », a-t-il ajouté.
Le ministre Tomassi a répété qu'il allait continuer son travail.
Talonné depuis plusieurs semaines par le PQ, le ministre Tomassi a annoncé la semaine dernière une série de mesures visant à modifier la façon dont les permis de garderie sont accordés.
Le ministre Tony Tomassi (archives)
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PC/Jacques Boissinot
Des centaines de nouvelles places
Selon le quotidien La Presse, le ministre Tony Tomassi a lui-même attribué 435 places en garderie à 34 services de garde de la province depuis qu'il est devenu ministre de la Famille en décembre 2008.
Au moins 67 d'entre elles ont été accordées à six garderies dont les administrateurs ou les gestionnaires ont contribué à la caisse électorale du Parti libéral du Québec. Qui plus est, 60 places ont été accordées à un projet de garderie qui avait pourtant été refusé par le ministère de la Famille.
Ce processus de réaffectation s'est soldé par l'attribution de 224 places dans 23 Centres de la petite enfance (CPE) de partout au Québec, et 211 autres à des garderies privées. Les garderies suivantes ont notamment reçu des places du ministre Tomassi :
Qui plus est, deux proches du ministre Tomassi ont obtenu deux places supplémentaires chacun. Le premier cas concerne le projet de garderie de l'ex-maire de l'arrondissement de Rivière-des-Prairies, Joe Magri, le second concerne un projet de Francesco Scaringi, membre de l'Association libérale de Lafontaine, que représente M. Tomassi à l'Assemblée nationale. M. Scaringi a quitté l'association lorsque M. Tomassi est devenu ministre en 2008.
Multiples allégations
Le Parti québécois a déjà révélé que six membres de l'exécutif du Parti libéral du Québec dans la circonscription de LaFontaine ont obtenu cinq garderies privées subventionnées depuis 2003.
Le Parti québécois a récemment révélé que des entreprises appartenant à la famille du ministre Tomassi ont obtenu des contrats de rénovation dans des garderies. Le ministre a admis que cela avait été le cas avant qu'il ne soit élu, en 2003.
La famille du ministre Tomassi possède trois entreprises : le Groupe Genco, dirigé par son père, Donato; Genco Construction, présidé par son frère Dino; et le Groupe Immobiliare-Genco, dont le principal actionnaire est Tony, le président, Donato, et le vice-président, Dino.
Le Groupe Genco a aussi effectué des travaux pour rénover une garderie privée de Montréal en 2006. Des documents publics montrent que la firme a obtenu un constat d'infraction pour ces travaux, la Régie du bâtiment ayant déterminé que l'entreprise n'avait plus de permis légal depuis près d'un an.