Jean Charest à l'Assemblée nationale le 23 mars 2010
Photo : PC/Jacques Boissinot
Le premier ministre du Québec croit que le projet de loi visant à interdire le port du voile intégral dans les services de l'administration publique est suffisant.
Malgré les critiques du PQ, le premier ministre du Québec juge que le projet de loi visant à bannir le voile intégral dans les services publics est suffisant. Le chef libéral fédéral, Michael Ignatieff, est d'accord avec lui.
Jean Charest réplique ainsi à l'opposition péquiste qui juge que le projet de loi ne va pas assez loin.
Le premier ministre croit plutôt que c'est la chef du Parti québécois (PQ), Pauline Marois, qui va trop loin en suggérant que le projet de loi devrait interdire le hidjab, qui recouvre les cheveux et le cou des femmes qui le portent. M. Charest donne l'exemple des religieuses du Québec pour justifier sa position. « Les religieuses au Québec portent le voile », a souligné M. Charest qui estime qu'interdire le hidjab porterait atteinte aux religieuses.
M. Charest a aussi renvoyé la balle au PQ, l'exhortant de préciser jusqu'où il serait prêt à aller, alors que des députés péquistes disent souhaiter interdire le port de la croix.
« Quand on pousse ça dans sa logique, ils vont jusqu'où au PQ? [...] Moi je pense qu'il y un élément de gros bon sens aussi qu'on doit appliquer là-dessus », a déclaré le premier ministre.
Jean Charest a répété que le projet de loi témoigne de la « laïcité ouverte » que prône le Québec et qu'il aidera le gouvernement à établir des balises qui permettront d'encadrer les accommodements à venir.
Selon lui, le projet de loi est équilibré et juste. « Nous, on a proposé une formule qui est un bon équilibre dans l'expression de nos valeurs à nous. Et nous croyons que le projet de loi va être très utile pour nous aider maintenant à mieux gérer les cas qu'on appelle d'accommodements raisonnables », a-t-il expliqué.
L'appui du Michael Ignatieff
Le chef libéral Michael Ignatieff (archives)
Photo : PC/Sean Kilpatrick
Le chef libéral fédéral Michaël Ignatieff appuie le projet de loi. Il a soutenu que les accommodements raisonnables impliquaient que chaque parti fasse des concessions, un principe qui, selon lui, est respecté dans le projet du gouvernement Charest.
Michaël Ignatieff a également réfuté les allégations de certains groupes musulmans et commentateurs canadiens selon lesquelles le Québec est plus intolérant que les autres provinces du pays.
Michaël Ignatieff est le premier chef fédéral à se prononcer ouvertement sur la question du port des voiles religieux dans les services publics.