Marc Bellemare, alors qu'il faisait campagne sous la bannière libérale, en 2003, aux côtés du premier ministre Charest
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PC/Clement Allard
Une motion de l'ADQ réclamant que l'ex-ministre témoigne devant une commission parlementaire au sujet d'irrégularités dans le financement du Parti libéral est défaite par 59 voix contre 50.
Marc Bellemare n'aura pas à témoigner devant une commission parlementaire de l'Assemblée nationale. Une motion de l'Action démocratique du Québec (ADQ) réclamant que l'ex-ministre de la Justice puisse s'y exprimer au sujet d'irrégularités dans le financement du Parti libéral a été défaite, mercredi, par 59 voix contre 50.
L'adéquiste François Bonnardel souhaitait que la Commission de l'administration publique, dont il est le vice-président, entende M. Bellemare « dans les plus brefs délais » afin qu'il puisse révéler ce qu'il sait sur le financement du Parti libéral. Cela aurait permis à tous les parlementaires de lui poser des questions, avait avisé Gérard Deltell, chef de la formation.
Plus tôt en journée, le premier ministre Jean Charest a demandé à son ancien ministre de révéler publiquement les preuves qu'il prétend détenir au sujet d'irrégularités dans le financement du Parti libéral du Québec.
Mardi, M. Bellemare a indiqué à la Presse canadienne qu'il possède des preuves selon lesquelles il aurait informé, dès 2003, le premier ministre Charest d'irrégularités dans le financement de son parti.
M. Charest estime que M. Bellemare doit rendre publiques les informations qu'il détient, et ce, à la tribune de son choix, que ce soit auprès du directeur général des élections ou ailleurs.
Soulignant le fait qu'il ne sait pas ce dont on l'accuse, le premier ministre a laissé entendre qu'il n'avait rien à se reprocher. Il a du même coup rejeté les demandes de l'opposition pour que Marc Bellemare témoigne devant une commission parlementaire.
Le leader parlementaire du gouvernement, Jacques Dupuis, estime que M. Bellemare n'a pas besoin de l'immunité qu'il réclame pour faire ses révélations. M. Dupuis juge qu'il est temps de mettre un terme à l'affaire.
Jeudi dernier, le directeur général des élections (DGE), Marcel Blanchet, a convoqué Marc Bellemare à le rencontrer afin de discuter de ses allégations selon lesquelles l'industrie de la construction avait bel et bien cotisé à la caisse du Parti libéral.
Du coup, M. Blanchet lui a garanti que son témoignage sera confidentiel et qu'il ne sera pas poursuivi en vertu de la Loi électorale. Insatisfait, Marc Bellemare a refusé de témoigner devant les enquêteurs du DGE, réclamant plutôt la même immunité que celle dont disposent les parlementaires.
Marc Bellemare aurait bénéficié de l'immunité parlementaire, une immunité qu'il juge plus complète que celle offerte par le DGE, s'il avait participé à la commission parlementaire.
Selon lui, l'information qu'il est en mesure de révéler au DGE pourrait l'exposer à des poursuites, puisqu'il se verrait obligé de briser son engagement de confidentialité lié à ses anciennes fonctions ministérielles.