Bellemare refuse de témoigner

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Marc Bellemare, alors qu'il faisait campagne sous la bannière libérale, en 2003, avec à ses côtés le premier ministre Charest Marc Bellemare (archives)   © PC/Clement Allard

L'ex-ministre Marc Bellemare invoque le secret imposé par son ancienne fonction au sein du gouvernement pour expliquer son refus de répondre à une convocation du directeur général des élections au sujet d'allégations de contributions illégales du PLQ.

L'ex-ministre de la Justice Marc Bellemare a refusé, vendredi, de répondre à une convocation du directeur général des élections, qui souhaitait le rencontrer au sujet d'allégations de financement illégal au Parti libéral du Québec.

Pour expliquer sa décision, M. Bellemare invoque le secret imposé par son ancienne fonction au sein du gouvernement. Selon lui, seule une commission d'enquête lui offrirait l'immunité lui permettant d'être relevé du serment de confidentialité qu'il a prononcé en entrant au conseil des ministres, après son élection, en avril 2003.

« Ce sont des informations dont j'ai eu connaissance dans le cadre de ma fonction et on ne peut pas dévoiler des choses dont on a eu connaissance dans ce cadre sans violer quelque serment, quelque loi, a-t-il dit. Il faut en conséquence bénéficier de l'immunité absolue. »

M. Bellemare n'a pas fermé la porte à la possibilité de témoigner en commission parlementaire, après que certains députés eurent évoqué la possibilité de lui faire bénéficier de l'immunité dans ce contexte. « C'est à voir, je ne sais pas si ça s'est déjà fait, a-t-il dit. Quand on est un parlementaire, on bénéficie de l'immunité pour les propos tenus au parlement. Ça existe pour les parlementaires mais je ne suis plus un parlementaire, ce qui complique un peu les choses. »

L'ancien ministre de la Justice, qui a quitté la politique à peine un an après son élection, s'est défendu d'avoir voulu aider l'opposition, qui talonne le premier ministre Charest dans ce dossier depuis des mois.

« Je ne le fais pas par vengeance par rapport à M. Charest. Si c'était le cas, probablement que je l'aurais fait autrement, ou avant. » — Marc Bellemare

Des mots durs à l'endroit du DGE

Par ailleurs, M. Bellemare ne s'est pas gêné pour critiquer M. Blanchet. Il l'a accusé de manquer d'indépendance et d'être à la solde du premier ministre Jean Charest.

Marcel Blanchet Marcel Blanchet (archives)   © PC/Clement Allard

« M. Charest ne veut pas de commission d'enquête, il dit que c'est au DGE de s'occuper de ça et puis le DGE enchaîne en bon mercenaire servile au service d'un premier ministre qui se cache la tête dans le sable », a-t-il dit dans une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne. « Je ne comprends pas. »

M. Bellemare blâme également M. Blanchet pour avoir annoncé sa convocation dans un communiqué de presse, jeudi, avant qu'il n'ait lui-même reçu son assignation. Il a jugé cette façon de faire « déshonorante ».

« Le DGE se déshonore complètement dans la mesure où ça fait l'objet de débats politiques au Salon bleu [de l'Assemblée nationale] et qu'un premier ministre fort embarrassé, complètement paniqué, qui dit des faussetés de surcroît dit : moi je n'en ferai pas de commission d'enquête, c'est le DGE qui s'occupe de ça », a-t-il dit.

En rejetant la convocation du DGE, l'ancien ministre ne semble pas craindre d'être trouvé coupable d'outrage au tribunal.

L'ancien ministre libéral de la Justice a jeté un pavé dans la mare en déclarant à différents médias que l'industrie de la construction avait bel et bien cotisé à la caisse du Parti libéral. Il a aussi assuré avoir informé Jean Charest de ces pratiques douteuses, en 2003.