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Politique

Financement du PLQ

Le DGE convoque Marc Bellemare

Mise à jour le jeudi 18 mars 2010 à 18 h 24

Marc Bellemare, alors qu'il faisait campagne sous la bannière libérale, en 2003, avec à ses côtés le premier ministre Charest

Photo: La Presse Canadienne /Clement Allard

Marc Bellemare, alors qu'il faisait campagne sous la bannière libérale, en 2003, aux côtés du premier ministre Charest

Le directeur des élections du Québec (DGE), Marcel Blanchet, convoque officiellement Marc Bellemare à le rencontrer d'ici trois jours. Mercredi, l'ancien ministre libéral de la Justice a jeté un pavé dans la mare en déclarant à différents médias que l'industrie de la construction avait bel et bien cotisé à la caisse du Parti libéral.

M. Bellemare assure avoir informé Jean Charest de ces pratiques douteuses, en 2003. Lors de la période des questions, mercredi, à l'Assemblée nationale, le premier ministre a nié cette allégation. Mais M. Bellemare est revenu à la charge, en fin de journée, pour démentir les propos de Jean Charest.

Un huissier doit livrer sous peu l'assignation du DGE à M. Bellemare. Ce dernier pourra toutefois contester la procédure. M. Bellemare a déclaré, mercredi, qu'il ne souhaitait pas rencontrer le DGE, mais se disait prêt à en dire davantage devant une éventuelle commission d'enquête publique, sous le couvert de l'immunité.

M. Blanchet a affirmé que M. Bellemare n'avait pas encore donné suite aux demandes formulées par les enquêteurs de ses services juridiques. La Loi électorale confère au DGE le pouvoir d'assigner des témoins et de les contraindre à produire des documents.

Québec solidaire parle d'argent suspect

Le député de Québec solidaire, Amir Khadir, à la période des questions, le 18 mars.

Photo: La Presse Canadienne /Jacques Boissinot

Le député de Québec solidaire, Amir Khadir, à la période des questions, le 18 mars.

Le député de Québec solidaire, Amir Khadir, soupçonne l'existence d'un système de contributions entre le Parti libéral et des firmes d'ingénierie qui conseillent le gouvernement.

En compilant des informations rendues publiques par le DGE, M. Khadir a constaté que 111 dirigeants et employés de quatre grands cabinets de génie-conseil auraient versé d'importants montants au Parti libéral, pour un total de 300 000 $ en 2008. Chaque individu aurait donné près de 3000 $, soit le maximum permis par la Loi électorale.

Les quatre firmes en question - Cima+, Axor, BPR et SNC-Lavalin - auraient toutes bénéficié de généreux contrats sans appel d'offres du ministère des Transports, dans le cadre des grands projets d'infrastructures.

M. Khadir a estimé lors de la période des questions et en point de presse qu'il y avait apparence de « trafic d'influence ». Il a réclamé de nouveau une commission d'enquête sur le milieu de la construction.

Il nous apparaît tout à fait plausible que notre recherche vienne ajouter une couche supplémentaire à cette perception malheureuse qui entache le gouvernement actuel au Québec, c'est-à-dire qu'il y a un trafic d'influence systématique organisé pour l'obtention de contrats de différentes natures.

— Amir Khadir, à la sortie de l'Assemblée nationale

M. Khadir se garde pour le moment de porter des accusations, mais a demandé au DGE de vérifier si les noms des donateurs concordent avec ceux des employés des firmes.

Selon le porte-parole de Québec solidaire, cette pratique serait illégale dans le cas où les entreprises auraient utilisé des prête-noms, c'est-à-dire qu'elles auraient demandé à leurs employés de cotiser à la caisse du Parti libéral pour ensuite les rembourser.

Le Parti libéral éclaboussé

Les allégations de collusion se multiplient pour le gouvernement Charest depuis les dernières semaines.

Des accusations similaires à celles de Marc Bellemare avaient été portées il y a quelques jours par le vice-président de la CSN-Construction, Pierre Brassard, dans une entrevue au quotidien Le Devoir.

Le bureau du DGE effectue aussi des vérifications auprès de trois ministres du gouvernement Charest, soit Julie Boulet, Michelle Courchesne et Norman MacMillan, qui ont laissé entendre au cours des derniers mois que les entreprises pouvaient participer au financement des partis politiques.

Jeudi, M. Blanchet a indiqué que des enquêteurs de ses services ont rencontré ces trois ministres. Des vérifications financières et de conformité des opérations ont été amorcées dans la circonscription de Mme Boulet. La même procédure sera bientôt mise en marche dans les circonscriptions de M. MacMillan et de Mme Courchesne.

Au début du mois, un reportage d'Enquête révélait en outre que la vice-première ministre Nathalie Normandeau avait réussi à amasser 43 000 $ en contributions politiques lors d'un cocktail organisé par le dirigeant d'une filiale d'un cabinet de génie-conseil, peu avant l'élection de décembre 2008.

Radio-Canada.ca avec Presse canadienne