D'autres allégations de favoritisme

Le ministre de la Famille du Québec, Tony Tomassi, à l'Assemblée nationale du 10 mars 2010 Le ministre Tony Tomassi   © PC/Jacques Boissinot

L'opposition officielle à Québec continue d'évoquer des cas de favoritisme dans l'octroi de places en garderies par le gouvernement libéral de Jean Charest, et plus particulièrement de son actuel ministre de la Famille, Tony Tomassi.

Le ministre de la Famille, Tony Tomassi, nie que des donateurs du Parti libéral du Québec et des membres de l'exécutif de sa circonscription aient été favorisés dans l'octroi de places en garderies, comme le dit le Parti québécois.

Lors de la période des questions à l'Assemblée nationale, mercredi, le porte-parole du Parti québécois en matière de famille, Nicolas Girard, a évoqué plusieurs cas litigieux.

Il a ainsi déclaré que :

  • les propriétaires du groupe Merveilles, qui a obtenu 10 permis de garderies subventionnées depuis sa création en 2003, ont versé 14 000 $ à la caisse du PLQ depuis 2003. Selon le PQ, Ezio Carosielli et sa conjointe Luisa Sassano reçoivent 8 millions de dollars annuellement pour 800 places en garderies;
  • six membres de l'exécutif du Parti libéral du Québec dans la circonscription de LaFontaine, que représente M. Tomassi, ont obtenu cinq garderies privées subventionnées depuis 2003. L'État leur verse collectivement 3,5 millions de dollars par année;
  • parmi ces six personnes s'en trouvent deux, Josephine et Loredana Primiani, qui ont obtenu 78 places subventionnées en garderie en 2005 et 80 autres en 2008. Les deux femmes sont membres de l'exécutif de LaFontaine depuis 2006;
  • un autre membre de l'exécutif de LaFontaine, Davide Stracuzzi, a obtenu 78 places pour sa garderie commerciale située dans les Laurentides en 2005;
  • un quatrième membre de l'exécutif, Frank Scaringi, a pour sa part été nommé membre de l'exécutif de LaFontaine en 2006. Il a obtenu 65 places pour une garderie commerciale située à Mirabel en 2008.

À plusieurs reprises au cours de l'échange, le ministre Tomassi a mis Nicolas Girard au défi de répéter ces allégations à l'extérieur de l'Assemblée nationale, ajoutant que « certaines personnes vont savoir quoi faire » le cas échéant. Les députés qui s'expriment à l'Assemblée nationale bénéficient de l'immunité parlementaire.

Le ministre de la Famille a accusé le député péquiste de vouloir jeter un « discrédit sur le réseau de garde [sic] au Québec » et a déclaré que « ces gens-là ont obtenu leur première subvention du Parti québécois ». Le Parti québécois n'est plus au pouvoir depuis mars 2003.

Tony Tomassi a précisé ultérieurement que tous les membres de l'exécutif de LaFontaine qui avaient des liens avec des garderies ont démissionné à sa demande, en décembre 2008, après qu'il eut été nommé ministre de la Famille.