Le ministre Jacques Dupuis
Le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, a demandé mercredi à la Sûreté du Québec d'enquêter sur les allégations criminelles visant le secteur de la construction sur la Côte-Nord.
Le ministre de la Sécurité publique demande à la Sûreté du Québec d'enquêter sur des allégations criminelles dans le secteur de la construction, sur la Côte-Nord, révélées notamment par Radio-Canada.
Les agents de l'Opération Marteau, l'escouade policière qui se consacre au secteur de la construction, travailleront avec la Commission de la construction du Québec (CCQ) dans ce dossier.
Cette annonce fait suite à un reportage diffusé mardi par Radio-Canada, au sujet des pratiques syndicales dans cette région.
Pas question toutefois d'aller jusqu'à une enquête publique. « Il y aura des enquêtes et on verra s'il y a des poursuites », a dit le ministre Dupuis.
Le ministre Sam Hamad
Le ministre du Travail, Sam Hamad, trouve pour sa part inacceptable que la FTQ-Construction se livre à de la discrimination, à de l'intimidation et à des menaces contre des travailleurs.
En réaction aux témoignages recueillis par Radio-Canada sur la Côte-Nord, M. Hamad a lancé un appel pour que ces dénonciations se fassent.
Pour l'opposition, une enquête publique s'impose plus que jamais. « Il faut faire une commission pour voir les liens entre les différents acteurs de l'industrie de la construction, comment fonctionne la collusion, quel rôle jouent les joueurs là-dedans », a déclaré le porte-parole du Parti québécois en matière de travail, François Rebello.
La porte-parole de l'Action démocratique du Québec en matière de sécurité publique, Sylvie Roy, estime pour sa part que des gestes pourraient être posés dès maintenant. Des solutions qui avaient déjà été proposées après les expériences de la baie James et de la fermeture de l'usine Gaspesia. « Il y avait une façon de régler ce problème-là, c'est-à-dire que ce ne soit pas les syndicats qui décident qui travaille où, et on n'a rien fait! » a soutenu Mme Roy.
La CSN réclame des changements législatifs
Pour la présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Claudette Carbonneau, il est « l'heure de régler le problème à la source ».
Tout en dénonçant avec véhémence les pratiques de violence et d'intimidation sur les chantiers de construction, Mme Carbonneau a affirmé, en entrevue à RDI, que le coeur du problème était la façon dont s'effectue le placement des travailleurs. « La législation actuelle confie le placement aux organisations syndicales, tout le monde tire la couverte et cela donne lieu à des débordements », a-t-elle expliqué.
Mme Carbonneau a ajouté que le fait que l'embauche s'effectue par l'intermédiaire des représentants syndicaux est franchement problématique, mais pourrait aisément changer, « avec de la volonté politique ».
Écartant l'idée de mettre en place une commission d'enquête sur la question, la chef syndicale pense que le placement des travailleurs doit être confié à un organisme indépendant tel que la CCQ.