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PC/Adrian Wyld
Le gouvernement Harper renonce à son projet de réviser un passage de la version anglaise de l'hymne national du Canada, jugé exclusif à l'endroit des femmes.
Le gouvernement fédéral a finalement décidé de ne pas toucher à l'hymne national du Canada. L'attaché de presse du premier ministre Stephen Harper, Dimitri Soudas, a confirmé que les changements proposés à la version anglaise du Ô Canada, afin de mieux refléter l'égalité entre les hommes et les femmes, ont été abandonnés.
Cette annonce avait été incluse discrètement dans le discours du Trône lu mercredi par la gouverneure générale Michaëlle Jean.
« Nous avons consulté les Canadiens et Canadiennes sur cette question, et ceux-ci se sont exprimés haut et fort : par une immense majorité, ils ne veulent pas ouvrir ce dossier. Le gouvernement n'ira pas plus loin en vue de modifier l'hymne national », est-il écrit dans un communiqué du bureau du premier ministre.
L'objectif énoncé dans le discours était d'adopter une « formulation anglaise neutre » de façon à inclure davantage les femmes.
Le passage litigieux? True patriot love in all thy sons command. Si on traduit: Que la ferveur patriotique anime tous vos fils.
Le gouvernement proposait la mise sur pied d'un comité parlementaire chargé d'étudier la question et la production d'un rapport pour le Parlement, mais n'avait pas l'intention de prendre position dans ce dossier.
Depuis une vingtaine d'années, plusieurs politiciens ont proposé de remanier l'extrait en question - la troisième phrase de l'hymne national. Leurs tentatives se sont jusqu'à maintenant toutes soldées par un échec.
La nouvelle proposition a suscité un tollé au Canada anglais cette semaine, tandis que les commentateurs politiques se demandaient quelle était l'utilité de cette démarche.
Même s'il se disait favorable à la mesure, le chef libéral, Michael Ignatieff, n'avait pu s'empêcher de railler l'annonce, la qualifiant de « symbolique ». « Il y a plusieurs choses à faire pour améliorer la situation des femmes, qui sont plus importantes que de changer les mots de l'hymne national », avait-il déclaré mercredi.
Même son de cloche du côté de la députée néo-démocrate Irene Mathyssen, qui milite depuis plusieurs années en faveur de cette modification. La députée estimait toutefois mercredi que l'équité dépendait de plusieurs autres éléments, qui sont, selon elle, absents du discours du Trône.