Duchesneau à la tête d'une unité anticollusion

Jacques Duchesneau lors du point de presse annonçant la création de l'unité anticollusion Jacques Duchesneau lors du point de presse annonçant la création de l'unité anticollusion

Québec annonce la création d'une unité qui aura le mandat de prévenir la collusion et les malversations dans les contrats de projets routiers. Elle sera dirigée par Jacques Duchesneau, l'ex-chef de la police de Montréal.

Le gouvernement du Québec crée une unité anticollusion au sein du ministère des Transports. Lors d'une conférence de presse portant sur les investissements dans le réseau routier québécois, les ministres Julie Boulet et Norman MacMillan ont annoncé mardi que cette unité sera dirigée par Jacques Duchesneau.

Par le passé, M. Duchesneau a été président et chef de direction de l'Administration canadienne de la sûreté dans le transport aérien et a dirigé le Service de police de la communauté urbaine de Montréal.

Le mandat de cette unité sera de surveiller les marchés, de détecter et prévenir la collusion, d'empêcher la fraude et la malversation, et d'encourager la pratique loyale des affaires. Elle collaborera avec la Sûreté du Québec, des économistes et des ingénieurs, a précisé M. Duchesneau au cours d'une entrevue accordée au réseau RDI.

Alors que le gouvernement s'apprête à accorder des contrats totalisant quelques milliards de dollars au cours de la prochaine année, M. Duchesneau parle de la nouvelle unité qu'il dirigera comme d'une « mesure de sécurité additionnelle ».

L'unité anticollusion transmettra par ailleurs toutes les informations pertinentes recueillies aux policiers de la Sûreté du Québec oeuvrant au sein de l'Opération Marteau. Cette escouade a été mise en place pour enquêter sur les allégations visant le milieu de la construction.

L'automne dernier, M. Duchesneau avait joint sa voix à ceux qui croyaient nécessaire la tenue d'une enquête publique sur le milieu de la construction, dans la foulée des déclarations de différents médias sur les allégations de collusion dans cette industrie. Radio-Canada avait notamment révélé que les grandes entreprises de la construction s'entendent pour truquer les appels d'offres publics et gonfler les prix.

Interrogé sur cette volte-face, M. Duchesneau s'est justifié. « Ce que je disais à l'époque, c'est que l'escouade Marteau n'était pas suffisante pour comprendre les méthodes qui se développaient du côté du milieu du crime organisé », a-t-il dit. On a cette escouade Marteau, qui fait du bon travail, mais pour les choses qui sont passées, on regarde dans notre rétroviseur. »

« Ce qui a été annoncé [aujourd'hui], a-t-il poursuivi, c'est qu'on regarde dans notre pare-brise, on regarde vers l'avant et on tente de mettre en place des mesures qui vont prévenir que des crimes soient commis. »

Se comparer aux autres provinces

Chantier de construction (archives)

Le ministère des Transports a également entrepris des études comparatives pour déterminer si le prix du kilomètre de route construit est plus élevé au Québec que dans les autre provinces canadiennes. Selon la ministre Boulet, les données préliminaires indiquent que les coûts au Québec sont comparables à ceux du Nouveau-Brunswick. Elle attend maintenant les chiffres de l'Ontario.

L'automne dernier, le vérificateur général Renaud Lachance avait relevé des irrégularités dans l'attribution des contrats par ce ministère. Dans son rapport, il avait souligné l'absence de données comparatives par rapport aux autres provinces.

Affirmant qu'il voulait laisser les policiers mener leurs enquêtes, le gouvernement Charest a écarté les multiples demandes des acteurs publics qui ont réclamé une commission d'enquête sur le milieu de la construction depuis l'automne dernier. L'opposition, les policiers de la Sûreté du Québec ainsi que l'Association des procureurs de la Couronne du Québec avaient réclamé une enquête publique.

Investissements pour 2010-2011

Le gouvernement Charest compte injecter 3,5 milliards dans les travaux routiers pour l'exercice 2010-2011, une somme à laquelle s'ajoute la contribution de 700 millions de divers partenaires. Décrits par le ministre MacMillan comme un « outil important pour consolider la relance économiques du Québec, ces investissements serviront à démarrer, poursuivre ou compléter plus de 1700 chantiers.

La programmation prévoit que 58 % des investissements seront consacrés à des projets réalisés en région. Quelque 56 300 emplois seront maintenus ou créés, ont indiqué les ministres, sans toutefois préciser le nombre de nouveaux emplois.

Champs d'intervention● Conservation des structures : plus de 1,18 milliard $
- vise notamment à contrer le vieillissement des ponts et des viaducs
- projets sur 857 structures

● Conservation des chaussées : 683,4 millions $
- rénovation de 1700 km de chaussée, une distance supérieure à la longueur de l'autoroute 20 multipliée par 3

● Développement du réseau : 743 millions $

● Amélioration du réseau : 465,7 millions $