Bouchard semonce le PQ

Lucien Bouchard Lucien Bouchard   © PC/Paul Chiasson

L'ancien premier ministre du Québec Lucien Bouchard est sorti de la réserve qu'il s'était imposée depuis son retrait de la vie politique, il y a presque 10 ans.

Rompant avec sa réserve habituelle, l'ex-premier ministre et chef péquiste reproche au Parti québécois et à sa chef Pauline Marois leur manque d'ouverture dans l'actuel débat sur l'identité québécoise.

Lors d'un événement entourant le centenaire du journal Le Devoir, Lucien Bouchard a reproché au Parti québécois et à sa chef Pauline Marois leur manque d'ouverture dans l'actuel débat sur l'identité québécoise. Selon M. Bouchard, le PQ de Pauline Marois se rapproche de plus en plus de l'Action démocratique du Québec (ADQ).

« Le Parti québécois qui a l'air de vouloir remplacer [l'ADQ] dans la niche du radicalisme. [Et] Mon frère s'est fait traiter d'Elvis Gratton par Pauline Marois. Je n'oublierai pas ça. Ça ne montrait pas beaucoup d'ouverture, ça. » — Lucien Bouchard

Selon Lucien Bouchard, Pauline Marois entraîne le Québec dans un débat futile. Il ajoute qu'il ne se reconnaît plus dans le PQ d'aujourd'hui qui, dit-il, est très loin de celui de René Lévesque. Il renchérit en disant que René Lévesque n'a jamais eu peur de voir son identité menacée par les immigrants.

Sans dire qu'il a renoncé à la souveraineté du Québec, Lucien Bouchard croit que le débat est ailleurs à l'heure actuelle.

« Dans l'immédiat, au Québec, on a autre chose à faire que d'attendre quelque chose qui ne vient pas vite. On a des problèmes très graves, des problèmes économiques, des problèmes d'éducation, des problèmes de santé, de finances publiques, il faut qu'on se mette à la tâche », a-t-il déclaré.

Le débat sur les accommodements raisonnables

Le débat sur les accommodements a surgi au Québec à l'automne 2006 à la suite de la publication d'articles dans les journaux sur des accommodements accordés à des groupes religieux. Le débat a rapidement pris de l'ampleur, attisé notamment par l'Action démocratique du Québec.

En décembre 2006, l'ADQ avait annoncé qu'elle faisait de l'identité québécoise et les accommodements raisonnables son principal cheval de bataille de la campagne électorale, prévue au début de 2007. Il avait proposé la création d'une constitution québécoise identifiant les valeurs communes non négociables des Québécois, comme l'égalité entre les hommes et les femmes, ainsi que la laïcité des institutions.

Le 8 février, à moins de deux semaines du déclenchement d'élections générales, le premier ministre Jean Charest avait annoncé la mise sur pied de la Commission de consultation sur les pratiques d'accommodement liées aux différences culturelles.

Le jour du scrutin, le 26 mars, l'ADQ avait fait élire 41 députés, devenant l'opposition officielle, reléguant le PQ aux banquettes du deuxième parti d'opposition à l'Assemblée nationale.

Quelques mois plus tard, Pauline Marois présentait son controversé projet de loi sur l'identité québécoise.

Rappelons également que le frère de Lucien Bouchard, l'historien et sociologue Gérard Bouchard, a coprésidé la Commission de consultation sur les pratiques d'accommodement liées aux différences culturelles, en 2008. Dans une lettre ouverte envoyée à plusieurs quotidiens québécois après la publication du rapport, il dit avoir été montré du doigt pour ne pas avoir « veillé, en [sa] qualité de coprésident, aux intérêts du groupe majoritaire dont [il] est issu ».