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Politique

Libérations par erreur

Émoi au ministère de la Sécurité publique

Mise à jour le mercredi 10 février 2010 à 22 h 35

Le ministre de la Sécurité publique du Québec, Jacques Dupuis

Le ministre Jacques Dupuis

Le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, est embarrassé par les 34 libérations de prisonniers accordées par erreur en 2009, révélées mardi par Radio-Canada.

En point de presse, mercredi à Québec, Jacques Dupuis a annoncé qu'une enquête était en cours au sein de son ministère. « Je vous dis candidement, j'ai d'abord été outré quand je l'ai appris hier », a déclaré M. Dupuis.

Ce matin, je suis un petit peu honteux et je souhaite que les gens du ministère de la Sécurité publique aient le même genre d'émotions, pour que ça ne se reproduise plus.

— Le ministre Jacques Dupuis

Le ministère a par ailleurs précisé que 33 des 34 détenus libérés par erreur avaient été retrouvés. Un 34e est toujours recherché, mais il aurait commis une infraction mineure.

Lorsqu'un prisonnier est ainsi libéré, les centres de détention comptent sur la collaboration du détenu en tentant de communiquer avec lui pour qu'il revienne. Pourtant, dans la plupart des cas, ces derniers ne rappellent pas les agents. Les autorités n'ont alors d'autre choix que de lancer un mandat d'arrestation.

Le sénateur conservateur Pierre-Hugues Boisvenu, fondateur de l'Association des familles de personnes assassinées ou disparues, a jugé mercredi que les centres de détention faisaient ainsi preuve d'une grande irresponsabilité.

Plusieurs exemples de cas

Plusieurs renseignements, notamment les noms des détenus, les numéros des causes ainsi que les dates d'arrestation, avaient été retirés des documents obtenus par Radio-Canada en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, afin de protéger l'identité de ces détenus.

Prison

Un exemple: le 25 août dernier, une détenue du centre de détention de Québec a été remise en liberté. Pourtant, cette dernière n'aurait jamais dû être relâchée, puisque d'autres accusations, pour lesquelles elle aurait dû rester derrière les barreaux, avaient été portées contre elle.

L'erreur a été constatée en moins de 5 minutes, mais il était déjà trop tard. Cette dernière ne se trouvait plus dans le périmètre de la prison et les recherches de la police dans le secteur n'ont pas permis de la retrouver.

En novembre, le personnel de la prison de Québec a libéré un détenu qui aurait plutôt dû être confié à un intervenant. La Sûreté du Québec a finalement arrêté l'individu après qu'il eut communiqué avec sa victime, en dépit d'une interdiction de le faire. Dans le rapport d'événement de la prison, le directeur note: « Monsieur ayant dû être réincarcéré à l'établissement de détention de Québec, c'est à ce moment que la libération par erreur a été constatée ». C'est donc dire que, jusque-là, les autorités judiciaires n'avaient pas pris conscience de leur erreur.

C'est toutefois au centre de détention de Saint-Jérôme que les détenus ont eu le plus de chance. Au total, huit d'entre eux ont été libérés par erreur. En février 2009, par exemple, le personnel a relâché trop tôt un homme condamné pour avoir eu des contacts sexuels avec un mineur.