![]() Assemblée nationale L'éthique et Jean D'Amour au coeur des débatsMise à jour le mardi 9 février 2010 à 21 h 35
Les députés de l'Assemblée nationale ont repris leurs travaux, mardi, sur les grands thèmes qui ont marqué l'automne : l'intégrité et l'éthique. L'opposition s'est indignée de la nomination de Jean D'Amour à la Commission de l'administration publique, alors que, la semaine dernière, le député libéral de Rivière-du-Loup, a reconnu sa culpabilité à une infraction à la Loi sur la transparence et l'éthique en matière de lobbyisme. Lors des échanges, la députée péquiste Agnès Maltais s'est offusquée que Jean D'Amour soit appelé à siéger à « la commission qui voit tous les appels d'offre, qui voit tous les contrats du gouvernement, la commission qui exige non seulement de l'intégrité mais la confiance de ses pairs ». Est-qu'on va mettre le loup dans la bergerie? — La députée péquiste Agnès Maltais Le leader parlementaire du gouvernement, Jacques Dupuis, a répliqué qu'il « ne laisserait pas la réputation de Jean D'Amour être salie à l'Assemblée nationale ».
Le PQ a de nouveau réclamé la publication du rapport du commissaire au lobbyisme reliées aux infractions de M. D'Amour. Ce dernier a violé la règle de « l'après-mandat » en février 2009, alors qu'il a fait du lobbyisme pour le compte de la firme de génie-conseil BPR auprès d'un titulaire d'une charge publique à Rivière-du-Loup. Ancien maire de l'endroit, Jean D'Amour n'a pas attendu les deux ans requis avant de pratiquer de telles activités. Lors d'un point de presse, Mme Maltais a par ailleurs réfléchi à voix haute sur les raisons qui incitent le premier ministre Charest à récompenser ainsi un député qui lui a causé autant de problèmes. La députée de Taschereau a sous-entendu que M. Charest pourrait protéger l'ex-président du PLQ parce qu'il connaît le salaire que la formation ajoute à sa rémunération payée par les contribuables. Il y a quelques jours, le Parti québécois a réclamé son expulsion du caucus libéral, et l'Action démocratique du Québec voulait le forcer à démissionner, des appels auxquels le premier ministre Jean Charest est resté sourd. L'opposition tape sur le clou de la construction L'opposition a également continué à réclamer une commission d'enquête publique sur le secteur de la construction, en raison des nombreuses allégations de corruption qui visent cette industrie. « Est-ce que le premier ministre va déclencher une enquête ou est-ce qu'il va faire comme le Parti libéral du Canada, qui a attendu deux ans et plus de 440 questions avant de se résoudre à déclencher une enquête publique sur les commandites? » a demandé la chef de l'opposition officielle, Pauline Marois.
Comme à l'automne, le gouvernement a répété qu'il préférait faire confiance aux enquêtes policières. « Ce que la population du Québec ne veut pas, c'est que les élus de l'Assemblée nationale fassent de la politique avec cette question-là, [qu'ils] n'en fassent malheureusement, comme le fait l'opposition officielle, qu'un spectacle », a martelé Jacques Dupuis, ministre de la Sécurité publique. Le PQ a récemment fait circuler une pétition réclamant une telle commission, d'abord sur Internet, puis dans les rues de Québec et de Montréal. L'opposition officielle se fait ainsi l'écho de plusieurs groupes qui demandent une enquête publique. Une marche visant à faire pression sur le gouvernement Charest a d'ailleurs réuni quelque 200 personnes dans la métropole, dont des élus de l'opposition à Québec et à la Ville de Montréal, le 30 janvier dernier. Seul moment de consensus, les députés ont observé une minute de silence à la mémoire de l'ancien ministre libéral Serge Marcil, mort dans le séisme en Haïti. Les finances publiques En marge de la reprise des travaux parlementaires, le premier ministre Jean Charest a parlé, lors d'un point de presse, d'un ambitieux plan de compressions des dépenses. Ce plan, qui sera déposé en mars, risque de faire mal. Jean Charest a indiqué que son gouvernement devait commencer par faire le ménage dans sa propre cour avant d'exiger des sacrifices des Québécois. Pour atteindre son but, Québec devra donc effectuer des coupes budgétaires de l'ordre du milliard de dollars. La présentation du plan d'action précédera de peu le dépôt, attendu également en mars, du budget du ministre des Finances, Raymond Bachand. La présidente du Conseil du trésor, Monique Gagnon-Tremblay, a pour sa part rappelé que le gouvernement s'était fixé l'objectif de limiter la croissance des dépenses à 3,2 %. Cet objectif rendra nécessaire le recours à de nouveaux moyens, a-t-elle dit en point de presse, sans toutefois préciser lesquels ni s'ils entraîneraient l'élimination de certains programmes. Par les années passées, la moyenne annuelle d'augmentation des dépenses gouvernementales se situait à 4,6 %. Pour atteindre son but, Québec devra donc effectuer des coupes budgétaires de l'ordre du milliard de dollars. L'an passé, le gouvernement Charest avait sabré 900 millions de dollars dans les dépenses des ministères et organismes de l'État. Vu l'état des finances publiques, il est impératif que la province remette en question les « vaches sacrées » du modèle québécois, comme celle de la sécurité d'emploi dans le secteur public, a de son côté fait valoir l'ADQ. Les syndicats et leurs membres ne devraient pas être à l'abri des efforts que le Québec devra faire pour rétablir l'équilibre budgétaire, a affirmé le député François Bonnardel. Après avoir donné le ton la veille, le chef de la formation, Gérard Deltell, est revenu à la charge, dénonçant la trop grande protection syndicale dont profitent, à son avis, les employés de l'État. Trop d'employés incompétents, paresseux et superflus s'accrochent à leur sécurité d'emploi dans le secteur public, estime la formation.
En profondeur
La FTQ dans la tourmente
audio-vidéo
Les dépenses exagérées d'un ancien patron de la FTQ-Construction plongent le plus important syndicat du Québec dans la crise. Chronologie des événements. Montréal: une ville sous influenceRappel des principales affaires de fraude liées à l'administration municipale
Le reportage de Pierre Duchesne
Marie-Andrée Brassard résume les échanges.
L'entretien de Simon Durivage avec Pauline Marois, chef du Parti québécois et de l'opposition officielle.
Jacques Beauchamp s'entretient avec Jean Dussault, chef de bureau pour Radio-Canada à l'Assemblée nationale, Pauline Marois (PQ), et Gérard Deltell (ADQ).
Autre hyperlien
Reprise des travaux à Québec
Article du 8 février |