![]() Québec en Inde Éloges et critiquesMise à jour le samedi 6 février 2010 à 10 h 52
Les thèmes de la politique environnementale du Québec et l'opposition aux exportations québécoises d'amiante, qui ont marqué le voyage de Jean Charest en Inde, se sont imposés à nouveau, lors de son avant-dernière journée dans ce pays, vendredi. Le premier ministre du Québec était invité à prendre la parole à la conférence de Delhi sur le développement durable, à laquelle participaient notamment les dirigeants de neuf pays, dont ceux de la Grèce, la Finlande, la Norvège et la Slovaquie. La conférence avait pour but de poursuivre la réflexion sur les suites à donner à la conférence de Copenhague sur les changements climatiques. Alors que les gouvernements centraux des États-Unis et du Canada hésitent à établir des normes nationales plus sévères pour réduire les gaz à effet de serre, M. Charest a insisté sur le rôle crucial que peuvent jouer les entités politiques régionales. Il a notamment fait valoir que, dans une fédération, les provinces posent 50 % à 80 % des gestes pour réduire la pollution. Pour illustrer son propos, il a expliqué comment la Western Climate Initiative (WCI), qui regroupe sept États américains et quatre provinces canadiennes (Québec, Ontario, Colombie-Britannique et Manitoba) avait pris des mesures pour lutter contre les changements climatiques. Au cours des dernières années, nous en sommes venus, en tant que gouvernements régionaux, à ne plus concevoir notre avenir simplement en nous basant sur nos frontières et territoires, mais plutôt en fonction d'un seul écosystème, d'une seule région. — Jean Charest Le premier ministre a insisté sur de nouvelles normes d'émissions de véhicules automobiles, adoptées par les partenaires du WCI, et entrées en vigueur au Québec récemment. Cette semaine, cette politique l'a placé en porte à faux avec le gouvernement fédéral canadien, qui a qualifié l'initiative québécoise de « sottise » et accusé le Québec de faire cavalier seul. Jean Charest a également vanté les initiatives progressistes de sa province. Il s'est d'ailleurs fait applaudir par les délégués lorsqu'il leur a déclaré que le Québec s'était fixé les cibles de réduction de gaz à effet de serre les plus ambitieuses d'Amérique du Nord. Sur place, Jeffrey Sachs, directeur de Earth Institute, a reconnu qu'au Canada, le leadership en matière d'environnement venait du Québec et non d'Ottawa. L'amiante refait surface Le premier ministre Charest a par ailleurs été interpellé une seconde fois cette semaine par des syndicats et organismes indiens réclamant qu'il fasse cesser les exportations d'amiante chrysotile du Québec, deuxième exportateur de ce minerai en Inde. Devant l'hôtel où se tenait la conférence, des travailleurs indiens ont accusé Jean Charest de faire preuve d'incohérence en érigeant le Québec comme modèle de développement durable. Un dirigeant du syndicat Building and Wood Workers International, qui regroupe deux millions de travailleurs, a fait valoir que la nocivité de l'amiante, utilisée en construction, était loin d'en faire un produit qui contribuait au développement durable. Après son discours devant les délégués, M. Charest a écarté toute contradiction et affirmé que le Québec avait assumé « toutes ses responsabilités ». C'est au gouvernement indien de protéger ses travailleurs, a-t-il martelé. Il s'était déjà fait apostropher à ce sujet, lundi, par la Trade Union Centre of India, qui soutenait que le Québec était irresponsable en continuant d'exporter un produit cancérigène. La centrale syndicale, qui représente 200 000 travailleurs, estime que près de 25 % des travailleurs indiens exposés à la poussière d'amiante développent des maladies pulmonaires, comme l'amiantose ou le mésothéliome. Le syndicat avait aussi indiqué que 94 % des emplois, en Inde, sont des « petits boulots » où il est difficile de faire respecter des normes. Jean Charest n'aura par ailleurs pas réussi à rencontrer en tête-à-tête son homologue indien, Manmohan Singh. Après l'annulation de la rencontre qu'il devait avoir avec lui et quatre dirigeants d'autres pays, il n'a pas pu obtenir un entretien bilatéral, contrairement à ces derniers. Le premier ministre du Québec a clôturé, samedi, une mission économique d'une semaine en Inde où il était accompagné de 130 chefs d'entreprises et d'universitaires. Il a conclu son voyage par une visite du métro de Delhi, dont les wagons sont fabriqués par Bombardier. Une trentaine d'ententes ont été conclues par les membres de la mission. Selon le premier ministre, il faudra des années pour mesurer les retombées de cette mission.
audio-vidéo
Le reportage de Pierre Duchesne
Jean Charest a vanté les initiatives du Québec en matière de développement durable, rapporte Sébastien Perron.
Sébastien Perron rappelle les contrats signés par des entreprises québécoises dans le cadre de la mission économique en Inde.
Hyperliens externes
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Western Climate Initiative
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