Les libéraux attaquent les conservateurs

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
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Le Parti libéral du Canada (PLC) ne digère toujours pas la prorogation de la session parlementaire, imposée par Stephen Harper.

L'offensive publicitaire lancée par le PLC accuse le gouvernement Harper de se moquer de la démocratie. Les conservateurs disent trouver risible l'indignation des libéraux.

Il vient de lancer une série de publicités qui seront diffusées à la radio et dans les journaux pour décrier le gouvernement conservateur de Stephen Harper.

Les libéraux s'en prennent particulièrement à la décision du premier ministre de fermer le Parlement jusqu'au 3 mars. Ils accusent Stephen Harper de privilégier ses propres intérêts au détriment de ceux des Canadiens.

Reprenant les déclarations du chef libéral Michael Ignatieff, la semaine dernière, les publicités soutiennent que le Canada est ridiculisé en matière d'environnement, que les conservateurs tentent de camoufler leur rôle dans le scandale de la torture des prisonniers afghans, et que des millions de Canadiens sont sans emploi. Selon les libéraux, les conservateurs ont fermé le Parlement pour ne pas rendre des comptes aux citoyens.

Pour leur part, les députés libéraux retourneront au Parlement le 25 janvier, même si le gouvernement ne siège pas. Le leader parlementaire des libéraux, Ralph Goodale, a indiqué que son parti entendait tenir des audiences avec des experts sur trois sujets principaux: le traitement des détenus afghans, l'économie et la sécurité économique de la classe moyenne ainsi que l'intégrité du processus démocratique.

Marc Garneau en entrevue à RDI Marc Garneau, député de Westmount-Ville-Marie, en entrevue à RDI.

En entrevue à RDI, le député de Westmount-Ville-Marie, Marc Garneau a déclaré que le premier ministre « avait fait le pari que ça ne dérangerait pas les Canadiens si le Parlement était fermé. On veut passer le message que nous les libéraux, on a du travail à faire. Et que c'est de traiter le Parlement avec mépris que de le fermer quand il y a des enjeux importants comme l'environnement, le taux de chômage et la torture en Afghanistan ».

Le PLC affirme que le premier ministre se moque de la démocratie et que les Canadiens ont honte de lui.

Les conservateurs, eux, répliquent que la prorogation est une pratique courante et qu'il faut d'abord s'occuper de la situation économique.

Le ministre des Travaux publics, Christian Paradis, a déclaré à RDI qu'il fallait du temps pour préparer le discours du Trône avec un bon budget et que « les libéraux voulaient faire diversion ». « C'est quand même risible tout ça. C'est rendu qu'ils font des conférences de presse pour annoncer qu'ils vont retourner travailler, alors que le gouvernement est au travail. »

Son collègue Steven Blaney, président du caucus de son parti au Québec, accuse pour sa part les libéraux de mener une campagne de « salissage ». Il présente lui aussi la prorogation comme une simple opportunité pour mieux préparer le retour au Parlement.

Les libéraux feront-ils cavaliers seuls?

Même si tous les partis de l'opposition dénoncent la prorogation, les libéraux pourraient bien être les seuls à se présenter en Chambre à la fin du mois. Selon La Presse canadienne, une source au sein du NPD indique que la formation n'envisage pas de se joindre à eux lorsqu'ils retourneront au Parlement.

Selon des sources près du NPD, le parti de Jack Layton doute de l'efficacité de la stratégie libérale. Les députés craindraient que les audiences donnent l'impression d'être partisanes et d'être mal organisées. Ils préféreraient aller à la rencontre des électeurs et cibler les circonscriptions conservatrices les plus vulnérables afin de se préparer en vue d'une éventuelle élection.

Le Bloc québécois devrait de son côté avoir un député présent à Ottawa, mais le parti n'a donné aucune indication suggérant que l'ensemble de la députation fera de même.

Les deux partis ont dit coopérer avec les libéraux sur la question des détenus afghans afin de trouver le meilleur moyen de tenir des audiences publiques sur ce dossier. « Nous sommes toujours disposés à entendre les suggestions des autres dirigeants », a indiqué le leader néo-démocrate, Jack Layton.

À l'instar de Michael Ignatieff, M. Layton a entamé une tournée des établissements d'éducation au cours de laquelle il rencontrera également des représentants de groupes d'intérêts. Contrairement au chef libéral, il compte toutefois la poursuivre le mois prochain.

Les bloquistes et les néo-démocrates devraient rendre compte cette semaine de leur plan pour la durée de la prorogation.

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