La ministre Courchesne rectifie le tir

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Michelle Courchesne

Michelle Courchesne est la deuxième ministre à devoir répondre aux questions du directeur général des élections à la suite de déclarations sur la contribution des entreprises privées au financement des partis.

Le directeur général des élections du Québec (DGEQ) procédera à des vérifications auprès de la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, dans la foulée de déclarations qu'elle a faites récemment au sujet de la contribution des entreprises privées au financement des partis politiques, a appris la Presse canadienne lundi.

Le point de presse donné par la ministre le 2 décembre dernier

Les propos sur lesquels elle devra s'expliquer ont été tenus le 2 décembre dernier, lors d'un point de presse dans lequel elle avait réfuté les allégations du PQ selon lesquelles le Parti libéral avait favorisé certains de ses donateurs dans l'octroi de places en garderies.

Visiblement ébranlée par les allégations, la ministre Courchesne a, à deux reprises, présenté comme allant de soi le fait que les compagnies versent de l'argent aux formations politiques, une pratique pourtant interdite en vertu de la loi électorale. Ça serait absurde, avait-elle dit soutenu devant les journalistes, que seules les entreprises privées ayant versé de l'argent à un parti de l'opposition, mais pas au parti au pouvoir, puissent bénéficier du soutien de l'État.

« Moi, je dirais [que] la majorité des entreprises privées soutiennent tous les partis. » — La ministre Courchesne, le 2 décembre

Peu après, en anglais, elle avait dit craindre que cette pratique cesse. Les entreprises privées qui contribuent aux partis « ne voudront plus donner d'argent » si elles s'imaginent que ce geste peut être associé à du favoritisme politique, avait-elle ensuite déclaré.

Sur le coup, ses propos étaient passés inaperçus dans les médias.

Depuis une trentaine d'années, la loi interdit pourtant très explicitement les dons des entreprises aux partis politiques. Afin d'éviter tout conflit d'intérêts et toute forme de retour d'ascenseur, seuls les individus peuvent contribuer au financement des formations politiques, jusqu'à concurrence de 3000 $ par année.

Une porte-parole du DGEQ a indiqué qu'un de ses enquêteurs contacterait la ministre Courchesne avant Noël.

Dans un court communiqué publié lundi en soirée, l'attachée de presse de Mme Courchesne a indiqué que celle-ci désirait préciser « les propos qu'elle a tenus [sic] » et assurer le directeur général de sa « collaboration pleine et entière ». « La ministre aurait plutôt dû s'exprimer en parlant des contributions des individus, qu'ils soient propriétaires d'une entreprise ou non », ajoute le communiqué.

Une deuxième clarification auprès d'un ministre

Norman MacMillan, ministre délégué aux Transports Norman MacMillan, ministre délégué aux Transports

C'est la deuxième fois en moins d'une semaine que le directeur général des élections demande à un ministre du gouvernement de Jean Charest d'expliquer des propos qu'il a tenus. La semaine dernière, c'était au tour du ministre délégué aux Transports, Norman MacMillan, d'attirer son attention, après avoir déclaré publiquement qu'il s'occupait personnellement de recueillir annuellement 100 000 $ pour sa formation.

La permanence du PLQ avait ensuite confirmé que chaque ministre, y compris le premier ministre, devait amasser de l'argent, pour une somme totale attendue de 2,6 millions de dollars. Le ministre MacMillan s'était par ailleurs étonné qu'on puisse penser empêcher une compagnie de contribuer financièrement au Parti libéral. Là encore, le DGEQ avait annoncé qu'il ferait des vérifications.

Lundi, la chef de l'opposition, Pauline Marois, a dit juger la situation « inquiétante », rappelant que le versement de dons par des entreprises était « complètement défendu ». Mme Marois, qui a servi dans les tous les gouvernements péquistes, de René Lévesque à Bernard Landry, a par ailleurs soutenu que son parti n'avait jamais fixé d'objectifs financiers à ses ministres, assurant que pour le PQ, le financement se faisait au niveau des circonscriptions.

En novembre dernier, le gouvernement Charest a présenté un projet de loi qui amenderait la Loi électorale en interdisant notamment les dons anonymes et en fixant un plafond de 3000 $ pour les dons des particuliers lors des courses à la direction.

En complément

Ailleurs sur le web

Radio-Canada n'est aucunement responsable du contenu des sites externes suggérés ci-après.