Tandis que 192 pays se penchent, à Copenhague, sur des façons de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, à Québec, le Parti québécois demande au gouvernement Charest de mettre fin à la réfection de la centrale nucléaire Gentilly-2.
À l'heure de Copenhague, le Parti québécois demande au gouvernement Charest de mettre fin à la réfection de la centrale nucléaire Gentilly-2, en raison des risques financiers et de la gestion complexe des déchets radioactifs.
Sylvain Gaudreault et Scott McKay
En point de presse, vendredi, les députés péquistes Sylvain Gaudreault et Scott McKay ont déclaré que le gouvernement faisait une grave erreur en léguant la gestion à long terme des déchets nucléaires aux futures générations.
Les députés insistent toutefois sur les risques que les coûts des travaux explosent et excèdent les 2 milliards de dollars prévus, alors que cette forme d'énergie ne représente que 2,4 % du portefeuille énergétique du Québec.
Le PQ se plaint aussi du manque de transparence du gouvernement depuis l'annonce du projet, en août 2008.
Selon le député Sylvain Gaudreault, il vaut mieux dès maintenant mettre un terme aux travaux et se tourner vers d'autres sources d'énergie, surtout que le Québec est actuellement en surplus énergétique.
« L'avenir énergétique du Québec passe par l'efficacité énergétique et le développement massif d'énergie renouvelable comme le solaire, la géothermie, la biomasse, l'éolien évidemment, et c'est vers ça que ça passe. C'est vers ça que l'avenir du Québec doit se diriger », a déclaré M. Gaudreault.
En juin dernier, le PQ avait réclamé la tenue d'une commission parlementaire pour que le projet de réfection de Gentilly-2 se fasse en toute transparence.
Le PQ ne comprend pas le dossier, dit Normandeau
La vice-première ministre et ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, a accusé le Parti québécois de vouloir « nuire au développement économique » de la région et du Québec en demandant au gouvernement de renoncer à la centrale.
Nathalie Normandeau, ministre des Ressources naturelles (archives)
« L'exploitation de la centrale Gentilly-2 procure 800 emplois directs aux familles de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Demander la fermeture de cette centrale mènerait 800 familles directement au chômage. À deux semaines de Noël, les citoyens [...] s'attendent à des requêtes plus responsables de la part du Parti Québécois », a déclaré la ministre dans un communiqué.
Selon Mme Normandeau, toutes les études et d'évaluations effectuées au cours des dernières années ont « clairement démontré, pour des raisons économiques et environnementales, que le projet de réfection de la centrale Gentilly-2 était plus avantageux que son démantèlement. Demander l'arrêt de ces travaux de réfection démontre une incompréhension du dossier. »
La FTQ s'en prend PQ
La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) a aussi dénoncé la sortie des députés péquistes, qu'elle juge « irresponsable ».
Dans un communiqué, la FTQ estime que la restauration de la centrale nucléaire doit aller de l'avant, notamment en raison des retombées économiques que cela entraînerait pour la région et aussi pour assurer la sécurité énergétique de la province.
Selon la centrale syndicale, les députés péquistes se trompent de cible. « Si les députés du PQ ont des énergies à investir, ils devraient plutôt enfourcher le cheval de bataille de la nationalisation de la filière éolienne dont le développement anarchique a affecté bon nombre de régions en plus de flouer des communautés locales au plan des retombées », ont indiqué le président de la FTQ, Michel Arsenault, et le président de la section locale 1500 du SCFP-FTQ, Richard Perreault.