![]() Violence envers les femmes Des députés boycottent la cérémonieMise à jour le mardi 1 décembre 2009 à 16 h 55
Plusieurs députés fédéraux des trois partis d'opposition ont boycotté, mardi, la cérémonie de commémoration de la Journée canadienne contre la violence envers les femmes, instituée dans la foulée de la tragédie de Polytechnique. Ils ont ainsi répondu à l'appel lancé par la députée bloquiste Nicole Demers, la libérale Anita Neville ainsi que la néo-démocrate Irene Mathyssen, porte-parole respectives de leur parti en matière de condition féminine.
Lors d'un point de presse, chacune d'entre elles a rappelé que les conservateurs ont réussi à faire adopter en deuxième lecture un projet de loi qui abolit l'enregistrement des armes d'épaule. Elles ont unanimement demandé comment la ministre d'État à la Condition féminine, Helena Guergis, pouvait à la fois voter contre le maintien du registre des armes à feu et présider une cérémonie contre la violence envers les femmes. Nous considérons qu'il s'agit d'un geste hypocrite, puisque ce gouvernement s'est montré hostile depuis le début à toutes les revendications des femmes. — La députée bloquiste Nicole Demers « La ministre aurait bien mieux à faire en posant des gestes qui contribuent vraiment à améliorer le statut des femmes et à enrayer la violence à leur endroit. Dans ces conditions, je refuse de m'associer à la ministre au cours d'une telle cérémonie », a déclaré la bloquiste Nicole Demers. Mme Demers dit avoir parlé à des familles des victimes du 6 décembre, qui ont soutenu sa décision, selon elle. Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, était visiblement en phase avec sa députée. À sa sortie de la Chambre, il a déploré que la ministre Guergis ait déposé des roses blanches pour chacune des 14 victimes de Polytechnique avec à ses côtés la ministre qui a présenté la loi pour mettre fin au registre des armes à feu. « C'est de l'hypocrisie, c'est du cynisme. Il n'y a pas un gouvernement qui a agi autant contre la cause des femmes que ce gouvernement, par l'abolition du registre, par l'abolition des bureaux de condition féminine », a-t-il dit. Si l'ensemble de la députation bloquiste a choisi de protester par son absence, certains députés libéraux et néo-démocrates ont tout de même participé à l'événement, au cours duquel 14 roses blanches et une rose rouge ont été placées dans un vase devant la Chambre des communes. Le président de la Chambre, Peter Milliken, a pris la parole au cours de l'événement commémoratif, ce que n'a toutefois pas fait la ministre Guergis. Une fois la cérémonie terminée, elle a par ailleurs refusé de répondre aux questions des journalistes. Une journée pour se souvenirLe registre des armes à feu a été créé à l'issue d'une dure lutte menée par des survivantes du massacre de Polytechnique et par les familles des 14 victimes, qui ont été tuées par un tireur fou le 6 décembre 1989. Depuis son accession au pouvoir, le gouvernement Harper a diminué la portée du registre des armes à feu en accordant des amnisties à ceux qui n'enregistrent pas leurs armes. Au début du mois dernier, la députée conservatrice manitobaine Candice Hoeppner a déposé le projet de loi privé C-391, qui ferait disparaître une composante que la Coalition pour le contrôle des armes à feu, née après le drame de Polytechnique, considère majeure. L'enregistrement des armes de chasse serait aboli, et les données actuelles sur ce type d'armes seraient effacées du registre. Près d'une vingtaine de députés néo-démocrates et libéraux ont voté avec les conservateurs. Radio-Canada.ca avec Presse canadienne
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C'était le 6 décembre 1989 à l'École polytechnique
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