Politique
Vérification à Transports Québec
L'opposition veut plus
Mise à jour le vendredi 27 novembre 2009 à 4 h 18
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Travaux routiers (archives)
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La vérification amorcée par le ministère des Transports du Québec pour s'assurer de la conformité des contrats publics accordés dans les dernières années ne satisfait pas l'opposition. L'enquête interne vise les trois années pendant lesquelles l'actuel secrétaire du Conseil du trésor, Denys Jean, était sous-ministre des Transports, entre 2006 et 2009.
« C'est le gouvernement qui enquête sur les trois années où M. Jean était sous-ministre au ministère des Transports », a critiqué le porte-parole péquiste dans ce dossier, Stéphane Bergeron, jeudi. « On s'autoévalue, comme ça, on est certain de contrôler l'information. On est certains de contrôler ce qui va se passer. On peut déjà présumer des conclusions de cette enquête », a-t-il déploré.
Le premier ministre Jean Charest a lui-même pris la défense de M. Jean, qui a fait partie de plusieurs cabinets politiques du Parti libéral avant d'intégrer la haute fonction publique québécoise, en 1994. « C'est quelqu'un qui a servi dans des gouvernements du Parti québécois, a-t-il souligné. Il a servi également sous notre gouvernement. Il l'a fait honorablement, puis il ne mérite pas le traitement que vous lui donnez aujourd'hui. » Il a en outre précisé que l'ancien sous-ministre des Transports ne faisait pas l'objet d'une enquête.
Le bureau de la ministre des Transports, Julie Boulet, a toutefois confirmé que les contrats accordés au cours de la période spécifiée allaient être vérifiés afin de déceler toute « situation problématique ». La décision a été prise à la suite du dépôt, la semaine dernière, du rapport du vérificateur général, Renaud Lachance, qui a relevé de nombreuses irrégularités dans le processus d'attribution de contrats du ministère.
M. Lachance a notamment conclu que plusieurs contrats avaient été accordés de façon injustifiée sans appel d'offres. Il s'est en outre étonné que le ministère n'ait pas alerté les autorités même si le bureau du sous-ministre disposait, depuis 2004, d'un rapport interne démontrant un cas de collusion dans l'attribution de contrats de déneigement. La ministre Boulet a rétorqué que le sous-ministre de l'époque, Florent Gagné, avait jugé les preuves insuffisantes. Son ministère a toutefois transmis le dossier à la Sûreté du Québec la semaine dernière.
En début de semaine, La Presse canadienne rapportait par ailleurs que Transports Québec avait accordé des contrats de 90 millions de dollars à une entreprise qui avait reconnu avoir comploté pour obtenir un contrat de déneigement auprès du ministère des Transports.
Le PQ persiste et signe
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Pauline Marois (archives)
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Lors de la période de questions, la chef péquiste, Pauline Marois, a de nouveau martelé qu'il était nécessaire de tenir une enquête publique sur le milieu de la construction, allant jusqu'a accuser le premier ministre de contribuer à faire disparaître des preuves en retardant cette décision.
Ce que nous disent les policiers, « c'est qu'actuellement on tente, en gagnant du temps, de camoufler les preuves et on déchiquette les preuves », a-t-elle affirmé.
Le leader du gouvernement, Jacques Dupuis, a rétorqué que Mme Marois insultait les membres de l'escouade policière spécialisée chargée d'enquêter sur le milieu de la construction, notamment sur les allégations de collusion et les liens possibles avec le crime organisé. « Ce que la chef de l'opposition officielle vient de faire, c'est purement d'insulter les 40 policiers qui travaillent d'arrache-pied à l'opération Marteau, qui reçoivent, sur la ligne téléphonique, des appels innombrables d'allégations, qui ouvrent des dossiers », a-t-il dit.
Le gouvernement continue de fermer la porte à une commission d'enquête sur les allégations de malversations dans le secteur de la construction et dans l'attribution de contrats publics, prétextant qu'elle pourrait nuire aux enquêtes policières en cours. Il a en outre annoncé, mercredi, une série de changements dans les structures de vérification du ministère et avait précédemment annoncé un resserrement des règles dans les processus d'appels d'offres.
En niant la pertinence d'une commission d'enquête, le gouvernement Charest est presque seul dans son camp. Sa position est partagée par la FTQ-Construction, durement touchée par des allégations selon lesquelles elle entretiendrait des liens avec le crime organisé. Or, plusieurs entités ont pris position publiquement en faveur d'une commission d'enquête publique, dont le syndicat des policiers de la Sûreté du Québec et celui des procureurs de la Couronne.
Radio-Canada.ca avec Presse canadienne