![]() Sommet sur les changements climatiques Harper sera à CopenhagueMise à jour le vendredi 27 novembre 2009 à 18 h 37
Le premier ministre Stephen Harper a finalement confirmé, jeudi, qu'il représentera le Canada au Sommet sur les changements climatiques de Copenhague, qui se tiendra du 7 au 18 décembre dans la capitale danoise. Critiqué par l'opposition à Ottawa pour son manque d'action dans ce domaine, M. Harper a finalement décidé de suivre l'exemple d'autres chefs de gouvernement et d'État, comme le président américain Barack Obama, et d'assister à la conférence. Le premier ministre du Québec, Jean Charest, avait aussi encouragé Stephen Harper à s'y rendre. « C'est important que le Canada soit présent pour défendre ses positions et donner un signal sur l'importance de l'enjeu », a déclaré M. Charest. Il faut préciser que plusieurs ministres provinciaux de l'Environnement ou premiers ministres, comme Jean Charest, avaient indiqué qu'ils participeraient à la rencontre de Copenhague. Or, leur présence aurait pu être embarrassante pour le premier ministre canadien. Dans un premier temps, Stephen Harper avait fait savoir qu'il se rendrait au Sommet seulement si une réunion officielle des chefs mondiaux s'organisait en marge de la conférence. Le Canada avait d'abord prévu déléguer seulement son ministre de l'Environnement, Jim Prentice. Le chef néo-démocrate, Jack Layton, a réagi à cette annonce avec un certain scepticisme, se demandant si le premier ministre sera là « pour mettre son pied sur les freins ou pour aider les autres gouvernements ». Moi, j'espère que les autres chefs d'État ou leader de gouvernement peuvent convaincre M. Harper d'agir. — Jack Layton Pour sa part, le Bloc québécois, par la voix de son chef Gilles Duceppe, a déclaré que le chef conservateur « ne va pas là comme premier ministre, [mais] comme agent d'affaires des pétrolières ». Ignatieff présente sa politique
Cette annonce du gouvernement Harper est survenue au moment même où le chef du Parti libéral du Canada, Michael Ignatieff, présentait sa politique environnementale dans un discours à l'Université Laval, à Québec. Invité à commenter la participation du premier ministre à la conférence de Copenhague, M. Ignatieff a dit croire qu'il est « essentiel » qu'il y soit présent, affirmant du même coup être un peu surpris qu'il ait mis tant de temps à se décider. Il a ajouté que Stephen Harper était encore une fois à la remorque des Américains. C'est toujours la même histoire avec les conservateurs, ils ne font rien sur l'environnement jusqu'à la dernière minute, et puis ils sont poussés pour des raisons politiques. — Michael Ignatieff Mais plus que la présence de M. Harper, le chef libéral souhaiterait que le Canada joue un rôle actif à la conférence. « Le Canada doit s'assurer que cette planète ne se réchauffera pas de plus de 2 degrés, c'est l'objectif-clé que nous devons atteindre à Copenhague », a déclaré M. Ignatieff. Outre la cible du 2 degrés d'ici 2050, Michael Igantieff n'a pas fixé de cible particulière quant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Il a parlé d'une cible ambitieuse, « avec des réductions de GES semblables à celles de la moyenne des pays développés ». Mais les libéraux fixeraient 1990 comme année de référence et non 2006, comme le proposent les conservateurs, « pour ne pas pénaliser ceux qui ont pris de l'avance comme le Québec et le Manitoba ». M. Ignatieff a également parlé de la mise en place d'un système de plafonnement et d'échange de droits d'émission de gaz à effet de serre. Pour le chef libéral, ce système doit devenir mondial, être vérifiable, contraignant et doit mener à des baisses absolues de gaz carbonique rejeté dans l'atmosphère. Une bourse du carbone est donc préférée à la fameuse taxe du carbone, mesure de l'ex-chef Stéphane Dion. « Ce système consiste à mettre un prix sur le carbone: vous polluez, vous payez; vous dépolluez, vous êtes payés et vous obtenez des crédits », a précisé M. Ignatieff. Des objectifs critiqués Le gouvernement canadien suggère des réductions de 20 % de ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020, mais par rapport à leur niveau de 2006. Aux Communes, les conservateurs ont souligné la similitude avec les cibles annoncées par les États-Unis, soit 17 % de réduction des gaz à effet de serre par rapport au niveau de 2005. Mercredi, le ministre Prentice a affirmé que la position américaine allait dans le même sens que l'approche du gouvernement canadien, soit une harmonisation des cibles et des règles pour tout le continent. Le Bloc québécois trouve toutefois que ces cibles sont nettement insuffisantes et accuse les conservateurs de vouloir « saboter Copenhague ». Le parti déplore notamment la hausse de l'année de référence, puisque, advenant la mise en place d'une bourse du carbone, les entreprises ayant fait des efforts avant 2005 seraient désavantagées. « Avec une telle bourse du carbone, ceux qui ont fait l'effort vont devoir payer ceux qui ne l'ont pas fait », a déclaré le chef bloquiste Gilles Duceppe. Le Bloc presse le gouvernement minoritaire de Stephen Harper à s'engager à une réduction de 25 % par rapport à 1990. Une motion a été adoptée à cet effet aux Communes, et le parti s'efforce de faire connaître la position de l'opposition majoritaire en Chambre à l'ONU. Radio-Canada.ca avec Presse canadienne
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