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Politique

Québec solidaire

Cap sur la souveraineté et la laïcité

Mise à jour le dimanche 22 novembre 2009 à 18 h 23

Françoise David et Amir Khadir

Françoise David et Amir Khadir

Après quatre ans d'existence, Québec solidaire a adopté son premier programme politique ce week-end. Les quelque 300 délégués, réunis en congrès d'orientation à Laval, ont réaffirmé leur volonté de faire du Québec un pays.

« Québec solidaire a confirmé de façon extrêmement majoritaire l'option que le parti a prise depuis ses débuts: l'option du pays. [...] Ça, c'est quelque chose qui ne saurait être plus clair », a soutenu la co-chef du parti de gauche, Françoise David, en conférence de presse dimanche.

La question a fait l'objet d'une longue plénière, où sont ressorties certaines divergences d'opinions chez les militants, mais essentiellement l'intention est la même, dit Mme David.

Dans la façon de parvenir à l'indépendance, Québec solidaire se distingue du Parti québécois. Les militants proposent qu'advenant l'élection d'un gouvernement solidaire, une assemblée élue par suffrage universel soit constituée et chargée de proposer une constitution pour le Québec. Celle-ci serait ensuite soumise à un référendum. Tout au long de ce processus, la population serait invitée à participer au débat.

Françoise David, co-chef de Québec solidaire

Françoise David, co-chef de Québec solidaire

« En permettant à tout le monde de s'exprimer, nous faisons le pari que le peuple québécois prendra le goût du pouvoir, d'être maître de son destin, d'être libre », a affirmé Mme David.

Questionnée sur le danger que certaines personnes désirent voter pour le parti de gauche, mais pas pour l'indépendance, la co-chef s'est montrée rassurante. « Vous savez, une campagne électorale ou une campagne référendaire de 30 jours ne conduit pas forcément à l'indépendance du Québec, on l'a vu à deux reprises », a-t-elle rappelé.

Un Québec laïque

Autre point central du nouveau programme de Québec solidaire: les militants veulent un pays laïque, qui respecterait selon certaines balises les croyances religieuses.

L'État québécois, les institutions publiques québécoises doivent devenir totalement, absolument, complètement laïques dans le cas où ce n'est pas encore fait.

— Françoise David

Les militants se sont entendus sur certaines balises entourant le port de signes religieux dans les institutions publiques. Toutefois, un débat beaucoup plus large reste à faire, estime Mme David. Un débat au sein du parti, mais aussi chez la population en général.

« Le débat sur la laïcité ne peut se résumer tout simplement à un débat sur le port de signes religieux par quelques centaines de personnes travaillant dans les services publics, c'est une erreur, croit-elle. Le débat sur la laïcité, il est beaucoup plus vaste et il touche tous les Québécois francophones, anglophones et allophones. »

Selon elle, il faut remettre certaines pratiques en question, comme les subventions aux animateurs de pastorale dans les écoles, la prière dans certains conseils municipaux, et même la présence d'un crucifix à l'Assemblée nationale.

Primauté du français, mais pas au cégep

Contrairement au Parti québécois, Québec solidaire ne semble pas à l'aise avec l'idée d'imposer le français au cégep. Les délégués du PQ, réunis en colloque ce week-end, ont été favorables à l'idée d'étendre la loi 101 au collégial.

Cependant, Québec solidaire craint que cette restriction n'entraîne la création de plus de collèges privés.

Le seul député du parti, Amir Khadir, croit que la protection du français passe plutôt par l'intervention de l'État au sein même des entreprises dans une société où l'économie est centrale. « Il faut agir là où ça blesse », dit-il.

Le député de Québec solidaire, Amir Khadir

Le député de Québec solidaire, Amir Khadir

La force de la gauche

Par ailleurs, Amir Khadir s'est félicité des progrès accomplis par son parti depuis sa formation, il y a quatre ans. Il s'est réjoui que la gauche ait réussi, selon lui, à outrepasser ses différends historiques pour « bâtir l'unité ».

Le programme adopté ce week-end n'est pas complet. Le travail doit se poursuivre durant les quatre ou cinq prochaines années, a précisé Françoise David.

Plus tôt ce week-end, elle a expliqué que son parti n'avait pas eu le temps de préciser officiellement ses positions jusqu'à présent en raison de la tenue de nombreuses élections depuis sa fondation en 2006.

Maintenant représentée par Amir Khadir à l'Assemblée nationale, Québec solidaire se donne comme priorité de faire élire d'autres députés. Le parti aimerait en ce sens réformer les institutions démocratiques de façon à s'assurer une meilleure représentativité.

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