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Politique
ADQ
Un nouveau chef déterminé
Mise à jour le vendredi 20 novembre 2009 à 8 h 43
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Photo: La
Presse Canadienne /Jacques Boissinot
Gérard Deltell en point de presse. À l'arrière, François Bonnardel.
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Le député de Chauveau, Gérard Deltell, qui prend la tête de l'Action démocratique du Québec après le départ fracassant de Gilles Taillon, se dit prêt à « brasser la cage » pour remettre le parti sur les rails.
On ne relève pas les défis parce qu'ils sont faciles.
— Gérard Deltell
Le président du caucus des députés adéquistes, Janvier Grondin, a annoncé la nouvelle, qui, il faut bien le dire, n'en était pas vraiment une, jeudi, aux médias. Il s'agit pour l'instant pour M. Deltell d'une nomination par intérim, qui devrait être entérinée par les militants plus tard lors d'un conseil général, au printemps prochain.
« Honnête, gracieux, un excellent tribun, à l'écoute », les membres du caucus ne tarissaient pas d'éloges à l'annonce du choix de M. Deltell. Les ténors du parti vantent en effet sa maîtrise des dossiers, ainsi que ses qualités de tribun et de rassembleur, des caractéristiques dont pourrait bénéficier le parti.
Du pain sur la planche
Accompagné de Sylvie Roy, qui a assuré l'intérim de la direction du parti, de François Bonnardel, ancien lieutenant de Gilles Taillon, et de Janvier Grondin, le nouveau chef désigné admet d'emblée que la tâche qui lui incombe ne sera pas facile, car, dit-il, face aux militants, « le fardeau de la preuve est sur nous ».
Promettant de continuer à défendre les idées de centre droit et de « brasser la cage », il compte surtout remettre ce militant, justement, « au coeur du débat ». Un débat qu'il promet intense.
Les pressions internes ont ainsi eu raison du chef précédent de l'ADQ, Gilles Taillon, qui a officialisé sa démission mercredi soir. Un mois à peine après avoir été élu à la tête du parti de centre-droit, il a indiqué aux membres du conseil exécutif, réunis à Montréal, que sa décision entrait en vigueur immédiatement.
Il avait déjà indiqué la semaine dernière son intention de démissionner, mais il comptait le faire après la désignation de son successeur à l'issue d'une autre course à la direction. Les événements se seront déroulés autrement.
L'ADQ en déclin
 Le 8 décembre 2008, lors des élections générales, l'Action démocratique du Québec perd son statut d'opposition officielle et se retrouve avec seulement sept députés à l'Assemblée nationale. Le parti en comptait 41 après le scrutin général précédent, le 26 mars 2007.
Le soir même, le chef de l'ADQ, Mario Dumont, annonce sa démission comme chef qui sera officialisée le 24 février 2009. Une course à la direction sera lancée par la suite.
Le 22 juin 2009, l'ADQ perd la circonscription de Rivière-du-Loup, l'ancien fief de M. Dumont, aux mains du Parti libéral du Québec, représenté par l'ancien maire de la ville, Jean D'Amour. L'ADQ compte six députés à l'Assemblée nationale.
Le 18 octobre 2009, à l'issue d'une course à la direction marquée par un affrontement très dur entre l'ex-député Gilles Taillon et le député Éric Caire, M. Taillon est élu chef de l'ADQ avec seulement deux voix de majorité.
Le 22 octobre 2009, un reportage de l'émission Infoman révèle que l'animateur Jean-René Dufort a enregistré un faux vote pour Gilles Taillon, au nom du défunt président gabonais Omar Bongo. De deux votes, la majorité de M. Taillon passe à une seule voix.
Le 28 octobre 2009, Gilles Taillon, qui ne siège pas au Parlement, choisit le député François Bonnardel pour diriger l'aile parlementaire de l'ADQ, donc pour être son représentant à l'Assemblée nationale.
Coup d'éclat le 6 novembre 2009, les députés Éric Caire et Marc Picard annoncent qu'ils quittent l'ADQ pour siéger comme indépendants à l'Assemblée nationale. Le même jour, on apprend que le président de l'ADQ, Mario Charpentier, a soutenu financièrement la campagne de Gilles Taillon.
L'ADQ ne compte plus que quatre députés à l'Assemblée nationale, soit François Bonnardel, Sylvie Roy, Gérard Deltell et Janvier Grondin.
Le 9 novembre 2009, le Parti libéral et le Parti québécois se disent prêts à accueillir MM. Caire et Picard dans leurs rangs, tandis que le député Gérard Deltell laisse planer un certain doute sur son avenir, en assistant à une présentation du premier ministre Jean Charest dans sa circonscription de Chauveau. Le soir même, Mario Charpentier annonce qu'il démissionne de la présidence de l'ADQ.
Le 10 novembre 2009, Gilles Taillon annonce qu'il demande l'organisation d'une nouvelle course à la direction de l'ADQ, et qu'il restera chef jusqu'à la désignation de son successeur. M. Taillon y va aussi d'une déclaration surprenante, affirmant qu'il a découvert « certains aspects un peu troublants » dans la gestion financière de l'ADQ depuis 2003.
Le 11 novembre 2009, Gilles Taillon transmet une lettre aux médias dans laquelle il soutient notamment que les ténors de l'ADQ étaient contre lui, plus particulièrement les « anciens propriétaires » du parti, dont Mario Dumont, Éric Caire et Gérald Deltell.
Le 16 novembre 2009, le conseil exécutif de la Commission des jeunes de l'ADQ annonce qu'il a adopté une motion demandant au chef de quitter ses fonctions avant même que son remplaçant soit désigné, soit dès le 18 novembre, jour de la réunion de l'exécutif du parti.
Le 18 novembre 2009, Gilles Taillon officialise sa démission, « effective immédiatement », comme le confirme le chef parlementaire François Bonnardel.
Le bureau de l'Assemblée nationale devra trancher sous peu sur le statut de l'ADQ. En vertu des règles actuelles, pour avoir un statut officiel, un parti doit avoir obtenu 20 % du vote ou fait élire 12 députés. Un projet de loi à l'étude ferait passer ces critères à 15 % et 6 députés.
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