![]() Financière agricole Québec ferme le robinetMise à jour le jeudi 19 novembre 2009 à 4 h 22 Exclusif
Le gouvernement du Québec veut forcer les éleveurs de porcs à réduire leur production annuelle. Son objectif est de régler le déficit de la Financière agricole, qui fournit une assurance aux producteurs. Le ministre de l'Agriculture, Claude Béchard, déposera jeudi un plan qui obligera les gros producteurs à revoir leur plan d'affaires. Élever un porc coûte très cher et sa valeur sur les marchés est en chute libre. Heureusement pour eux, les producteurs sont indemnisés par la Financière agricole. L'année dernière seulement, les pertes ont coûté 422 millions de dollars aux contribuables québécois. Cette situation dure depuis des années et l'avenir n'est pas rose. Conséquence: le gouvernement doit constamment éponger le déficit du programme d'assurance de la Financière agricole qui, cumulé, atteindra 1,3 milliard de dollars le 31 mars prochain. « C'est devenu un programme qu'il est nécessaire de revoir », a déclaré en septembre dernier Claude Béchard, environ deux mois après son arrivée à la tête du ministère de l'Agriculture du Québec. Radio-Canada a appris que la principale mesure de son plan de redressement est le plafonnement des productions assurables. Par exemple, les producteurs de porcs ont reçu des compensations pour 7,85 millions de bêtes assurables en 2008-09. Désormais, Québec ferme le robinet et n'en acceptera plus que 7 millions. Le reste des autres porcs produits ne seront tout simplement plus assurables. Le gouvernement accordera un délai, d'environ un an, aux producteurs pour qu'ils s'adaptent et réduisent leurs productions. Le ministre Béchard veut aussi protéger les petits producteurs. Il modifiera le système de primes d'assurance pour que les gros producteurs paient davantage. L'Union des producteurs agricole (UPA) espérait négocier le plan de redressement de la Financière agricole. Mais Québec a coupé court aux consultations et décidé d'imposer des mesures que l'UPA n'aurait jamais proposées. D'après un reportage de Martine Biron |