Le nom du nouveau chef à 14 h

Gilles Taillon, le 18 octobre 2009 Gilles Taillon, le 18 octobre dernier   © PC/Jacques Boissinot

Les pressions ont raison du chef de l'ADQ, qui offre sa démission « immédiate » au conseil exécutif. Les regards se tournent vers le député Gérard Deltell, qui pourrait lui succéder jeudi.

Les pressions internes ont eu raison du chef de l'ADQ, Gilles Taillon, qui a officialisé sa démission mercredi soir. Un mois à peine après avoir été élu à la tête du parti de centre-droit, il a indiqué aux membres du conseil exécutif, réunis à Montréal, que sa décision entrait en vigueur immédiatement.

Il avait déjà indiqué la semaine dernière qu'il démissionnait, mais il comptait partir après que les membres auront désigné son successeur à l'issue d'une autre course à la direction.

Le député adéquiste de Chauveau, Gérard Deltell Le député adéquiste de Chauveau, Gérard Deltell

Le conseil exécutif n'a pas encore désigné son successeur. Le parti est donc orphelin pour l'instant, mais ce sera de courte durée: l'identité du nouveau chef sera annoncée jeudi midi. C'est un secret de Polichinelle que le choix devrait se porter sur Gérard Deltell, qui semble faire consensus au sein des troupes adéquistes.

Les ténors du parti vantent sa maîtrise des dossiers, ainsi que ses qualités de tribun et de rassembleur, des caractéristiques dont pourrait bénéficier le parti.

« Nos militants ont été amèrement déçus de la situation des derniers mois, il faut en convenir, mais il faut regarder vers l'avant », a commenté le chef de l'aile parlementaire de l'ADQ, François Bonnardel, après la rencontre. « Il faut préparer une offre politique qui sera crédible, sérieuse pour les Québécois dans les prochaines années. Nous avons encore trois ans devant nous, et c'est énormément de temps. Nous sommes un parti reconnu à l'Assemblée nationale, donc c'est une force que nous n'avions pas en 2003 », a-t-il dit.

Fidèle lieutenant de Gilles Taillon jusqu'à tout récemment, il a lui-même fini par se rallier à ceux qui souhaitaient le départ rapide du chef démissionnaire. Les voix adéquistes prônant ce scénario se sont intensifiées au cours du dernier mois. Mardi, c'était au tour des députés adéquistes, dont le nombre a fondu à quatre, de réclamer son départ.

L'ADQ en déclinADQ
Le 8 décembre 2008, lors des élections générales, l'Action démocratique du Québec perd son statut d'opposition officielle et se retrouve avec seulement sept députés à l'Assemblée nationale. Le parti en comptait 41 après le scrutin général précédent, le 26 mars 2007.

Le soir même, le chef de l'ADQ, Mario Dumont, annonce sa démission comme chef qui sera officialisée le 24 février 2009. Une course à la direction sera lancée par la suite.

Le 22 juin 2009, l'ADQ perd la circonscription de Rivière-du-Loup, l'ancien fief de M. Dumont, aux mains du Parti libéral du Québec, représenté par l'ancien maire de la ville, Jean D'Amour. L'ADQ compte six députés à l'Assemblée nationale.

Le 18 octobre 2009, à l'issue d'une course à la direction marquée par un affrontement très dur entre l'ex-député Gilles Taillon et le député Éric Caire, M. Taillon est élu chef de l'ADQ avec seulement deux voix de majorité.

Le 22 octobre 2009, un reportage de l'émission Infoman révèle que l'animateur Jean-René Dufort a enregistré un faux vote pour Gilles Taillon, au nom du défunt président gabonais Omar Bongo. De deux votes, la majorité de M. Taillon passe à une seule voix.

Le 28 octobre 2009, Gilles Taillon, qui ne siège pas au Parlement, choisit le député François Bonnardel pour diriger l'aile parlementaire de l'ADQ, donc pour être son représentant à l'Assemblée nationale.

Coup d'éclat le 6 novembre 2009, les députés Éric Caire et Marc Picard annoncent qu'ils quittent l'ADQ pour siéger comme indépendants à l'Assemblée nationale. Le même jour, on apprend que le président de l'ADQ, Mario Charpentier, a soutenu financièrement la campagne de Gilles Taillon.

L'ADQ ne compte plus que quatre députés à l'Assemblée nationale, soit François Bonnardel, Sylvie Roy, Gérard Deltell et Janvier Grondin.

Le 9 novembre 2009, le Parti libéral et le Parti québécois se disent prêts à accueillir MM. Caire et Picard dans leurs rangs, tandis que le député Gérard Deltell laisse planer un certain doute sur son avenir, en assistant à une présentation du premier ministre Jean Charest dans sa circonscription de Chauveau. Le soir même, Mario Charpentier annonce qu'il démissionne de la présidence de l'ADQ.

Le 10 novembre 2009, Gilles Taillon annonce qu'il demande l'organisation d'une nouvelle course à la direction de l'ADQ, et qu'il restera chef jusqu'à la désignation de son successeur. M. Taillon y va aussi d'une déclaration surprenante, affirmant qu'il a découvert « certains aspects un peu troublants » dans la gestion financière de l'ADQ depuis 2003.

Le 11 novembre 2009, Gilles Taillon transmet une lettre aux médias dans laquelle il soutient notamment que les ténors de l'ADQ étaient contre lui, plus particulièrement les « anciens propriétaires » du parti, dont Mario Dumont, Éric Caire et Gérald Deltell.

Le 16 novembre 2009, le conseil exécutif de la Commission des jeunes de l'ADQ annonce qu'il a adopté une motion demandant au chef de quitter ses fonctions avant même que son remplaçant soit désigné, soit dès le 18 novembre, jour de la réunion de l'exécutif du parti.

Le bureau de l'Assemblée nationale devra trancher sous peu sur le statut de l'ADQ. En vertu des règles actuelles, pour avoir un statut officiel, un parti doit avoir obtenu 20 % du vote ou fait élire 12 députés. Un projet de loi à l'étude ferait passer ces critères à 15 % et 6 députés.