![]() Changements climatiques L'opposition fulmine contre HarperMise à jour le lundi 16 novembre 2009 à 19 h 44
Les partis d'opposition à Ottawa craignent que le gouvernement conservateur de Stephen Harper ne tente de faire échouer les négociations lors de la conférence sur les changements climatiques, qui se tiendra à Copenhague en décembre. L'objectif de cette rencontre, qui réunira plus de 200 pays, est de conclure un accord pour succéder au protocole de Kyoto. Lors du sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC), à Singapour, le premier ministre canadien a déclaré qu'il y a « 3000 phrases de désaccord dans les négociations » pour conclure un traité remplaçant le protocole de Kyoto. La question a provoqué des échanges houleux lors du retour en chambre après une semaine de relâche à Ottawa. Les députés de l'opposition accusent le premier ministre d'avoir baissé les bras dans le dossier des changements climatiques. Selon le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, Stephen Harper a carrément déclaré forfait au sommet de l'APEC lorsqu'il a déclaré qu'il ne s'attendait pas à ce que la conférence de Copenhague aboutisse à un accord contraignant. « Le gouvernement admettra-t-il que son insistance à vouloir torpiller la possibilité d'un accord à Copenhague est faite dans l'unique but de plaire à ses amis les pétrolières? », a lancé M. Duceppe. Le chef bloquiste a également évoqué la possibilité que les pays présentant un bilan environnemental positif viennent à imposer une taxe à ceux ne respectant pas leurs engagements pris à Kyoto. « Si les pays européens qui ont fait l'effort [...] se voient concurrencés par des pays comme le Canada qui ne l'ont pas fait, ils vont réagir, puis ils vont imposer une taxe », a-t-il soutenu. De son côté, le leader adjoint du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, a affirmé que les conservateurs ont fait du Canada le pays le plus obstructionniste lors des discussions préliminaires à Barcelone et à l'APEC. « Comment les Canadiens pourraient croire que ça pourrait être différent à Copenhague? », s'est demandé M. Mulcair. L'économie d'abord Les conservateurs répliquent qu'ils souhaitent une entente qui ne nuira pas à l'économie. « On va livrer la marchandise de façon réaliste et en équilibre avec la priorité qui est l'économie ici », a répondu le ministre des Travaux publics et lieutenant politique de Stephen Harper au Québec, Christian Paradis. « Une chose est certaine: le pire piège est de s'enfarger dans des embûches d'ordre légal », a-t-il ajouté. Le député libéral David McGuinty estime toutefois qu'en ne misant pas sur les énergies vertes, c'est justement l'économie qui en souffre. Les États-Unis consacrent à l'économie verte six fois plus que le Canada, et la Chine investit 250 milliards dans les énergies de pointe, a affirmé M. McGuinty. « Même l'Alaska de Sarah Palin nous devance », a-t-il lancé. « Les pays du monde réorganisent leurs économies afin d'être compétitifs dans la course globale à l'énergie propre », a-t-il noté, citant en exemple l'Allemagne, la Chine et les États-Unis pour leurs investissements dans les technologies énergétiques de pointe. Il n'en demeure pas moins que la majorité des membres de l'APEC, avec la Chine et les États-Unis en tête, jugent irréaliste d'attendre de ce sommet un accord juridiquement contraignant. Radio-Canada.ca avec Presse canadienne |