![]() Action démocratique du Québec Gilles Taillon crée une onde de chocMise à jour le mercredi 11 novembre 2009 à 9 h 59
Au centre d'une crise qui menace l'avenir même de son parti depuis son élection, le 18 octobre dernier, le chef Gilles Taillon a annoncé mardi qu'il demandait l'organisation d'une nouvelle course, et qu'il restait chef jusqu'à l'issue de ce processus. Gilles Taillon a expliqué qu'il avait pris sa décision pour mettre fin aux guerres intestines au sein de l'ADQ. M. Taillon a ajouté qu'il avait découvert « certains aspects un peu troublants » dans la gestion financière de l'ADQ depuis 2003, et qu'il avait demandé une rencontre avec la Sûreté du Québec, laissant ainsi entendre qu'il pourrait s'agir de pratiques illégales, mais se refusant ensuite à répondre aux questions des journalistes, laissant donc toute la place aux spéculations. Cette sortie de mardi a ouvert les vannes de toute une gamme de réactions, avec, en filigrane, la question fondamentale de la survie d'un parti déchiré et affaibli. Le père du parti et ancien chef Mario Dumont s'est dit inquiet pour l'avenir. Il soutient cependant que le parti n'a pas à craindre une défection massive de ses membres, parce que l'arrivée d'un nouveau chef pourrait les faire revenir. Il a ajouté qu'il ne servait à rien de disperser les idées de centre droit dans plusieurs partis, alors que certains, comme le controversé maire de Huntingdon, Stéphane Gendron, ont lancé l'idée de créer une nouvelle formation de droite. Il se prononce en faveur d'un ralliement autour de Gérard Deltell, un « candidat talentueux », selon lui. Jean Allaire, cofondateur de l'ADQ avec M. Dumont, abonde dans le même sens. L'ex-candidat à la direction du parti Christian Lévesque souhaite aussi le couronnement de Gérard Deltell, afin d'arrêter ce « mauvais vaudeville ». Élu, M. Deltell a, selon Christian Lévesque, le respect des adéquistes et une compréhension du domaine journalistique. Il a en effet travaillé pendant deux décennies sur la colline Parlementaire. De l'inquiétude Selon l'ancien président de la formation politique, Yvon Picotte, les derniers rebondissements au sein de l'ADQ sont le fait d'un « groupe d'amateurs qui a failli à la tâche ». M. Picotte affirme que l'ADQ « ne survivra pas » à la crise actuelle. Il a raillé la course à la direction qui a mené à l'élection de Gilles Taillon. Celui [Gilles Taillon] qui lance la serviette après avoir été élu par une grosse polyvalente de 4000 personnes à peu près [...] dit qu'il reste chef jusqu'au moment où il y aura un nouveau chef et puis en même temps, il met une bombe dans le navire. Alors, si c'est pas suicidaire, je me demande ce qu'il veut faire. — L'ancien président de l'ADQ, Yvon Picotte Caire reste indépendant De son côté, en point de presse, le député Éric Caire a déclaré qu'il ne voyait rien qui le pousserait à revenir à l'ADQ pour le moment. Il a affirmé qu'il restait indépendant et qu'il ne serait pas candidat dans une nouvelle course à la direction. M. Caire a déclaré qu'il ne comprenait pas la décision de Gilles Taillon, ajoutant qu'il ne savait pas comment le parti pourrait survivre à une deuxième course à la direction. Éric Caire a précisé qu'il ne savait rien des irrégularités en matière de financement dont a parlé M. Taillon. Lorsqu'un journaliste a demandé si l'arrivée d'un messie au sein de l'ADQ pourrait l'inciter à y revenir, M. Caire a affirmé que seule une personne de la trempe de l'ex-premier ministre Lucien Bouchard pourrait le convaincre, tout en précisant qu'il ne demandait pas nécessairement que ce soit lui. M. Taillon fait un tort qui est, à mon avis, irréparable à l'ADQ. — Éric Caire L'ADQ en déclin
audio-vidéo
Pierre Duchesne brosse un portrait de la situation à l'ADQ.
Sébastien Perron fait le point sur la situation à l'ADQ.
Michel C. Auger analyse la crise politique à l'ADQ.
Sébastien Bovet s'entretient de la crise à l'ADQ avec le député indépendant Éric Caire, candidat défait à la direction de l'ADQ en octobre dernier.
Sébastien Bovet s'entretient de la crise politique à l'ADQ avec Joanne Marcotte, réalisatrice de « L'illusion tranquille ».
Le chef de l'ADQ, Gilles Taillon, demande une nouvelle course à la direction du parti, explique Jean Dussault.
Dossiers en profondeur
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