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Politique

Action démocratique du Québec

Mario Charpentier démissionne

Mise à jour le mardi 10 novembre 2009 à 4 h 23

Mario Charpentier

Mario Charpentier

Rien ne va plus à l'Action démocratique du Québec (ADQ). Le président de ce parti, Mario Charpentier, a remis sa démission au chef Gilles Taillon, lundi soir.

Dans une lettre laconique, Mario Charpentier explique que « les récents événements lui dictent de prendre ses distances envers un parti qu'il doit servir avec toute la sérénité requise ».

Des révélations faites par le réseau TVA la semaine dernière laissent croire que l'ex-président de l'ADQ avait financé la campagne de Gilles Taillon. Il aurait ainsi dérogé à son devoir de neutralité dans la course à la direction du parti.

Gilles Taillon a accepté la démission de M. Charpentier, qu'il a remercié pour le travail accompli.

Le leadership de Taillon en question

Autre coup dur pour M. Taillon, Radio-Canada a appris que les quatre députés restants de l'ADQ tiendront un caucus spécial mardi matin sans sa présence. Janvier Grondin, Sylvie Roy, Gérard Deltell et François Bonnardel doivent discuter précisément du leadership de leur nouveau chef.

Plus tard, un deuxième caucus aura lieu à midi, mais cette fois en présence de Gilles Taillon.

Radio-Canada a également appris que, mercredi dernier, lors d'un échange vif et sec, le nouveau chef est allé jusqu'à offrir à Éric Caire d'occuper la fonction de chef adjoint de l'aile parlementaire aux côtés de François Bonnardel. Éric Caire a ridiculisé cette offre rappelant au chef que l'ADQ compte bien peu de députés pour avoir un chef de parti et deux chefs parlementaires.

Rappelons qu'Éric Caire ainsi que Marc Picard ont claqué la porte de leur parti vendredi dernier et siégeront désormais comme indépendants.

Caire et Picard convoités

Les deux députés de l'ADQ qui ont démissionné vendredi, MM. Picard (à gauche) et Caire (à droite).

Photo: La Presse Canadienne /THE CANADIAN PRESS/Jacques Boissinot

Les deux députés de l'ADQ qui ont démissionné vendredi, MM. Picard (à gauche) et Caire (à droite).

Par ailleurs, le premier ministre Jean Charest, du Parti libéral du Québec (PLQ), et la chef du Parti québécois (PQ), Pauline Marois, ont indiqué lundi, à mots couverts, qu'ils étaient intéressés à accueillir dans leur giron les deux candidats démissionnaires de l'Action démocratique du Québec.

Jean Charest a déclaré qu'aucune démarche formelle n'avait été faite dans ce sens, mais il a reconnu avoir été en contact avec les deux députés, auxquels il a parlé après la défaite de M. Caire dans la course à la direction de l'ADQ.

Notre parti demeure très ouvert, nous avons toujours été un parti d'ouverture et nous ne changerons pas.

— Jean Charest

De son côté, la chef du PQ, Pauline Marois, se dit prête à discuter avec les principaux intéressés, mais ajoute qu'il n'est pas question de les solliciter directement. Au passage, Mme Marois a souligné que le PQ avait accueilli dans le passé des personnes provenant des courants de gauche et de droite.

Deltell ne se prononce pas

Dans le cadre d'une annonce du premier ministre à Lac-Beauport, dans la circonscription de Chauveau détenue par le député adéquiste Gérard Deltell, ce dernier a été invité à s'exprimer sur les remous au sein de sa formation politique.

Je ne fais pas de commentaire et alors là, aucun commentaire sur la suite des événements.

— Gérard Deltell

M. Deltell s'est tout d'abord refusé à tout commentaire sur l'avenir de l'ADQ, ou sur son propre avenir au sein de ce parti. Il a ensuite ajouté qu'il était à l'écoute de « tout ce qui se passe » et qu'il commentera la situation en temps voulu.

Il a conclu en répétant qu'il était « très fier d'être député de l'ADQ ».

Ce que je vous dis, c'est que je suis à l'écoute de tout ce qui se passe et de tout ce qui se dit et soyez sans crainte, vous serez informés au moment opportun. Pour l'instant, il serait trop hasardeux pour moi de faire quelque commentaire que ce soit.

— Gérard Deltell

L'ADQ ne compte plus que quatre députés à l'Assemblée nationale. Outre M. Deltell, François Bonnardel, chef de l'aile parlementaire adéquiste et député de Shefford, Sylvie Roy, leader parlementaire et députée de Lotbinière, et Janvier Grondin, député de Beauce-Nord, forment le deuxième groupe d'opposition.

Le bureau de l'Assemblée nationale devra trancher sous peu sur le statut de l'ADQ. En vertu des règles actuelles, pour avoir un statut officiel, un parti doit avoir obtenu 20 % du vote ou fait élire 12 députés. Un projet de loi à l'étude ferait passer ces critères à 15 % et 6 députés.

Radio-Canada.ca avec Presse canadienne