![]() Allégations visant des ministres Les libéraux demandent une motion de blâmeMise à jour le mercredi 28 octobre 2009 à 4 h 19 Les allégations visant trois ministres libéraux, contenues dans une question posée jeudi dernier par la chef intérimaire de l'Action démocratique du Québec, Sylvie Roy, ont entraîné une réaction exceptionnelle du gouvernement de Jean Charest, mardi, à l'Assemblée nationale. Le leader parlementaire du gouvernement, le ministre Jacques Dupuis, a déposé une demande de motion de blâme contre Sylvie Roy que le président de l'Assemblée, Yvon Vallières, a accepté de prendre en délibéré. Les conséquences d'une telle motion peuvent aller d'un simple blâme avec excuses à une suspension de la députée visée, voire à son expulsion. Le gouvernement reproche à Mme Roy d'avoir porté atteinte aux droits et privilèges dont dispose un député en demandant à M. Dupuis s'il avait appris que le premier ministre savait que trois de ses ministres avaient séjourné sur le bateau de Tony Accurso. Le premier ministre Charest lui-même a affirmé que ces allégations étaient fausses.
L'opposition officielle, par la voix de son leader parlementaire Stéphane Bédard, a vivement critiqué la décision du président de l'Assemblée. M. Bédard a reproché à M. Vallières d'empêcher le débat sur la recevabilité de la motion. Après une quinzaine de minutes de discussions, M. Vallières a finalement accepté de laisser l'opposition s'exprimer. « Je vous invite, mais là c'est plus qu'à de la prudence, c'est au respect des règles de cette Assemblée, parce que si le leader commence à faire cela pour un membre de cette Assemblée, il peut le faire pour n'importe qui », a déclaré Stéphane Bédard. « Monsieur le leader de l'opposition, j'ai déjà indiqué que ma décision est prise, je vous dis que je vais prendre en délibéré la question qui m'a été soumise, alors voilà », a rétorqué Yvon Vallières. « Mais ce n'est pas vrai que je vais faire en sorte que les privilèges des membres de cette Assemblée soient attaqués sans qu'on se prononce à l'étape de la recevabilité, Monsieur le président. Je ne peux pas accepter cela », a renchéri M. Bédard. En point de presse, après la période des questions, le leader parlementaire adjoint des libéraux, Claude Béchard, a reconnu qu'il s'agissait d'une mesure exceptionnelle, mais selon lui proportionnelle à la gravité de la faute. Il affirme que Mme Roy avait la possibilité de présenter des excuses. M. Béchard a ajouté qu'il était surpris que le Parti québécois la défende avec autant de vigueur. L'immunité parlementaire ne doit pas servir à salir la classe politique. — Claude Béchard Pour sa part, Stéphane Bédard a affirmé que le Parti québécois ne faisait que défendre la capacité des députés à poser toutes les questions nécessaires. Il a soutenu que cela ne faisait que cacher le véritable problème, qui est selon lui le refus du gouvernement de tenir une enquête publique sur les récentes allégations visant des entrepreneurs de construction et leurs présumés liens avec le monde politique. Le premier ministre utilise des moyens parlementaires pour faire diversion, pour empêcher qu'on aille au fond des choses. — Stéphane Bédard Le président de l'Assemblée transmettra d'ici mercredi une copie de la demande de motion de blâme aux partis d'opposition. Ces derniers pourront faire valoir leur point de vue sur la recevabilité de la motion. Une commission parlementaire pourrait ensuite avoir lieu, au terme de laquelle des sanctions pourraient être décidées. Dossiers en profondeur
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