Réagissant, mardi, à l'annonce du ministre des Finances du Québec, Raymond Bachand, qui prévoyait un déficit de 4,7 milliards de dollars pour cette année, l'opposition s'est entendue pour dénoncer l'optimisme selon elle excessif du ministre des Finances.
Dans la foulée de l'annonce du ministre des Finances du Québec sur le chiffre du déficit provincial, l'opposition s'est entendue pour dénoncer l'optimisme selon elle excessif des prévisions de Raymond Bachand.
Mardi matin, Raymond Bachand annonçait une révision à la hausse de ses prévisions budgétaires.
Le porte-parole en matière de finances de l'Action démocratique du Québec et député de Shefford François Bonnardel a accueilli ces chiffres avec incrédulité. Selon lui, le montant de 4,7 milliards de dollars avancé par le ministre est certainement bien en deçà de la réalité.
Dans la foulée, l'adéquiste appelle le gouvernement Charest à faire ses devoirs et à se serrer la ceinture, en particulier à éliminer les dépenses injustifiées au sein de la fonction publique et des sociétés d'État, tout cela avant de songer à demander à la classe moyenne québécoise d'encaisser de nouvelles hausses de tarifs.
Par contre, François Bonnardel s'est dit prêt, avec son parti, à participer de façon constructive à un grand sommet visant à trouver des moyens de réduire les dépenses de l'État.
Québec irréaliste, dit le PQ
Au Parti québécois, la réaction immédiate a été assez semblable. Le porte-parole du parti en matière de finances publiques pense aussi que le gouvernement Charest n'est pas réaliste en chiffrant le déficit à 4,7 milliards au 31 mars.
Entre autres, Raymond Bachand ne mentionne pas, selon M. Marceau, l'évolution de la dette et des emprunts du Québec, car, précise-t-il, « le gouvernement utilise énormément la dette et les emprunts ».
En comparant ses propres chiffres avec ceux de l'Ontario, ajoute-t-il, M. Bachand compare des pommes avec des oranges.
Pour le député de Québec solidaire, Amir Khadir, le retour à l'équilibre budgétaire ne doit pas passer par des hausses de tarifs ou la compression des dépenses de l'État. Selon lui, le gouvernement doit plutôt travailler à accroître ses revenus.
« Les hausses de tarifs, c'est une manière de diminuer l'accès des services à des citoyens qui déjà en arrachent. Toutes les mesures financières prises par ce gouvernement depuis le début de la crise sont orientées vers les grandes entreprises. Mais la relance passe aussi par les citoyens et les salariés », a-t-il affirmé en conférence de presse. Selon lui, le gouvernement doit soutenir le pouvoir d'achat de la classe moyenne, taxer davantage les grandes entreprises et lutter contre l'évasion fiscale.