Des allégations provoquent des remous

L'échange à l'Assemblée nationale entre Sylvie Roy, Jean Charest et Jacques Dupuis

Le leader parlementaire adjoint du gouvernement du Québec, Claude Béchard, nie fermement toute allégation selon laquelle des ministres ou députés libéraux aient séjourné sur le bateau de l'entrepreneur en construction Tony Accurso.

Le gouvernement nie fermement les allégations, évoquées dans une question de la chef intérimaire de l'ADQ, voulant que des ministres libéraux aient séjourné sur le bateau de l'entrepreneur Tony Accurso.

Le ministre Béchard a répondu ainsi, jeudi, à une question posée lors des débats à l'Assemblée nationale par la chef intérimaire de l'Action démocratique, Sylvie Roy.

La question a donné lieu à l'échange suivant entre Mme Roy et le premier ministre Jean Charest:

« Est-ce que le ministre de la Sécurité publique, dans ses vérifications, a appris que le premier ministre sait qu'il y a trois ministres qui ont été sur le bateau d'Accurso? » — Sylvie Roy
« Monsieur le président, je veux que la députée de Lotbinière me nomme les noms des trois ministres auxquels elle fait allusion. » — Jean Charest
« Si le premier ministre veut connaître ces trois noms-là, s'il ne les sait pas, qu'il appelle une commission d'enquête publique. » — Sylvie Roy
« Dans ma vie parlementaire à moi, je n'ai jamais vu un processus aussi abusif de l'immunité parlementaire que celui qu'emploie la députée de Lotbinière. » — Jacques Dupuis, leader parlementaire du gouvernement
Le ministre Claude Béchard Claude Béchard

En point de presse, Claude Béchard a martelé que personne du gouvernement n'était allé sur le bateau de M. Accurso, et que des vérifications avaient été faites. M. Béchard a accusé Sylvie Roy de vouloir salir tout le monde, ce qu'il juge inacceptable.

Le ministre Béchard a demandé à Mme Roy de révéler les noms des ministres évoqués ou de démissionner. M. Béchard a laissé entendre que le nouveau chef de l'ADQ, Gilles Taillon, devrait démettre Mme Roy de ses fonctions parlementaires.

Pour sa part, Sylvie Roy s'est défendue en disant qu'elle avait seulement posé une question. Mme Roy se demande pourquoi le gouvernement n'y a pas répondu directement à l'Assemblée nationale.

Tous les ministres interrogés dans les couloirs du Parlement ont dit qu'ils n'avaient jamais séjourné sur le bateau de M. Accurso.

L'ADQ et le Parti québécois continuent de réclamer une commission d'enquête publique sur l'industrie de la construction et de possibles liens avec le financement des partis politiques. Cette question a déjà provoqué plusieurs débats enflammés à Québec.

Rappelons que des révélations au sujet d'une rencontre entre Tony Accurso et l'ex-candidat municipal Benoît Labonté ont entraîné la démission de l'ex-bras droit de la chef du parti Vision Montréal, Louise Harel. M. Labonté a accordé une longue entrevue à Radio-Canada, qui sera diffusée jeudi.