![]() En profondeur
Mise à jour le mercredi 28 octobre 2009 à 12 h 22 Le maître TwitterIl y a à peine deux ou trois ans, le député libéral fédéral de Vancouver-Sud, Ujjal Dosanjh, n'utilisait même pas le courrier électronique. Aujourd'hui, l'ancien premier ministre de la Colombie-Britannique est devenu l'un des politiciens les plus actifs sur Twitter.
C'est le neveu d'un membre de son entourage qui a créé sa page Twitter. En mars dernier, 115 personnes s'étaient inscrites sur sa page pour suivre ses commentaires. Aujourd'hui, plus de 1350 internautes lisent quotidiennement ses pensées et ses opinions. En entrevue, le politicien né en Inde n'arrive pas à s'expliquer comment autant de gens ont commencé à le suivre sur le site. « Je ne suis pas doué en informatique. Je connais la base, soit comment aller sur Twitter, mettre en ligne mes pensées et répondre aux internautes », avoue-t-il candidement. L'ancien ministre de la Santé sous Paul Martin apprécie de pouvoir commenter des sujets d'actualité ou ce que les gens disent. M. Dosanjh ne fait pas de détour pour expliquer l'utilité de Twitter. « Je trouve que si on n'est pas capable de résumer sa pensée en 140 caractères, au moins le message de base, eh bien on ne peut pas réellement le dire finalement. J'ai toujours cru qu'être bref était très important. » Il a fallu quelques mois au député pour s'habituer à écrire, car il se décrit comme une personne qui tape très lentement. Il met sa page à jour à l'aide de son Blackberry ou d'un ordinateur. Malgré tout, M. Dosanjh écrit lui-même 99 % de tout ce qui est publié sur sa page Twitter. Pour le 1 % qui reste, il reçoit l'aide des membres son équipe « qui tapent plus vite » et leur dicte mot à mot ses idées. « J'adore mettre en ligne mes propos et également recevoir des réponses », indique-t-il. Sans surprise, c'est la politique qui est son sujet de prédilection. Le député aime aussi parler de ce qui retient son attention ailleurs dans le monde, comme la violence, la famine et la pauvreté. Communiquer en temps réel Même si M. Dosanjh utilise également Facebook, il apprécie l'interactivité de Twitter. Pour lui, il s'agit d'un moyen de communiquer en temps réel avec les gens. « C'est certain qu'on reçoit des commentaires méchants quelques fois. J'en ai déjà reçu et c'est complètement ridicule. Ce n'est pas l'endroit pour se traiter de toutes sortes de noms. Les gens répondent immédiatement, soit qu'ils vous trouvent mauvais ou bon, soit qu'ils trouvent que vous avez raison ou tort. » L'homme de 62 ans croit que les réseaux sociaux sont un outil important de plus pour savoir ce que les électeurs disent et font. Mais, selon lui, il faut également regarder la télévision, écouter la radio, lire les journaux et parler aux personnes dans la rue. Les avantages des réseaux sociaux sont nombreux, observe l'avocat de formation. « On peut rejoindre des centaines, voire des milliers de gens avec qui on ne pourrait pas avoir de lien autrement. On les rejoint en temps réel et on a leurs avis en temps réel. Je pense que cela donne un sentiment de relation. » Le député ne se fait pas d'illusions. Il affirme que certains propos mis en ligne sont complètement inutiles. Lui-même écrit parfois sur son chien ou sur le thé qu'il vient de boire. « Quelquefois, les gens croient que personne ne les regarde et qu'ils peuvent écrire tout ce qu'ils veulent. Ce n'est pas vrai! Tout ce que vous dites, faites et écrivez se retrouve quelque part dans le cyberespace. » Jusqu'à présent, le politicien n'a ni encouragé ni découragé ses collègues d'utiliser les réseaux sociaux, car lui-même était réfractaire à l'idée au départ. « Maintenant que je les utilise davantage, j'ai plus de plaisir. Ça me donne un nouvel aperçu du monde qu'autrement je ne vois pas. » Même s'il utilise quotidiennement Twitter, M. Dosanjh ne délaisse pas les manières plus traditionnelles de faire de la politique. Il continue à distribuer des dépliants par la poste et à appeler ses citoyens. Mais, à son avis, il est pratiquement impensable de faire une campagne électorale en 2009 sans utiliser les réseaux sociaux. Ce serait une campagne incomplète, avance-t-il. LIENS
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