![]() Grippe A (H1N1) Khadir prône la vaccinationMise à jour le mercredi 21 octobre 2009 à 5 h 58
Amir Khadir plaide en faveur de la vaccination contre la grippe A (H1N1). Le député de Québec solidaire et médecin de profession a lancé cet appel aux Québécois mardi, alors qu'un sondage indique que la grande majorité des gens disent ne pas avoir l'intention de se faire vacciner. Selon M. Khadir, il est important de se prémunir contre le virus, car il pourrait devenir très virulent s'il vient à muter. « Je suis microbiologiste. Je travaille avec ça. Ça fait 20 ans que je suis dans le domaine de la médecine et 10 ans que je pratique avec les maladies infectieuses. C'est mon domaine. [...] Il faut aller se faire vacciner », a-t-il déclaré en entrevue à Radio-Canada en précisant qu'il allait lui-même se faire vacciner. Amir Khadir ajoute cependant comprendre que les Québécois puissent se méfier du vaccin, et de l'influence de plus en plus grande de l'industrie pharmaceutique. Selon lui, les derniers exemples de craintes épidémiologiques, comme le SRAS et la grippe aviaire, et le traitement qu'en ont fait les médias, justifient cette méfiance. « Il y a eu un traitement médiatique sans doute un peu trop sensationnaliste parce qu'il y avait du marketing du milieu médical, qui voulait avoir des budgets de recherche, et des compagnies pharmaceutiques, et on a fini par avoir le syndrome du berger qui criait au loup », dit-il. « Les gens ne sont pas fous, ils se rendent compte de l'influence indue des grandes multinationales sur plusieurs des décisions politiques. Alors c'est sûr qu'ils sont animés d'une saine méfiance vis-à-vis l'industrie pharmaceutique qui va s'en mettre plein les poches, c'est sûr », ajoute-t-il. En ce qui concerne les risques du vaccin lui-même, M. Khadir se fait rassurant. Il souligne ainsi qu'aujourd'hui, le risque de développer des effets secondaires sérieux est d'un cas sur un million. Bolduc veut que les médecins appuient la vaccination Le ministre de la Santé du Québec abonde dans le même sens que le député de Québec solidaire. Yves Bolduc affirme que l'inquiétude de certaines personnes quant aux effets secondaires du vaccin contre la grippe A (H1N1) est sans fondement scientifique. Le ministre rappelle lui aussi que le risque de développer une maladie grave est de un cas sur un million. M. Bolduc déplore aussi que des médecins laissent entendre qu'il n'est pas utile de se faire vacciner. Selon lui, il s'agit d'un manquement à leur code de déontologie. « Il y a un article dans le code de déontologie qui dit qu'on doit exercer la pratique médicale en fonction des données scientifiques actuelles. Les données scientifiques actuellement sont très claires: le meilleur moyen de prévention de la grippe H1N1 est la vaccination », plaide-t-il. À Trois-Rivières, des médecins n'ont pas attendu l'appel du ministre et incitent déjà les gens de la région à aller se faire vacciner. Afin de convaincre la population du bienfait du vaccin, sur les 250 médecins actifs au Centre hospitalier régional de Trois-Rivières, 167 ont signé un contrat les engageant à se faire vacciner. Près de 115 millions déjà engagés Même si elle n'a pas encore durement frappé le Québec, la grippe A (H1N1) entraîne déjà des coûts importants pour la province. Selon un tableau de l'estimation des coûts reliés à la pandémie appréhendée, préparé par le ministère de la Santé et dont la Presse canadienne a obtenu copie, Québec a dépensé jusqu'à maintenant près de 115 millions de dollars pour gérer la pandémie éventuelle. Ainsi, Québec a commandé 11,5 millions de doses du vaccin contre le virus à 8 $ la dose. Même si le coût sera à partager avec Ottawa, cela représente pour Québec une dépense de 36 millions. La campagne d'information sur le virus, qui vise principalement à convaincre la population de se faire vacciner, engendre des coûts de 6 millions, notamment pour fabriquer des dépliants et acheter de l'espace dans les journaux. C'est la campagne de vaccination elle-même qui nécessitera l'investissement le plus important, soit 72 millions de dollars. Cela inclut notamment la location d'espaces où seront faites les injections et les sommes prévues pour le personnel soignant.
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