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Politique

Industrie de la construction

L'opposition accentue la pression

Mise à jour le mardi 20 octobre 2009 à 19 h 47

Travaux de l'Assemblée nationale, à Québec

Photo: La Presse Canadienne /Jacques Boissinot

L'opposition à l'Assemblée nationale a décidé de passer de la parole aux actes pour tenter d'obtenir la tenue d'une commission d'enquête publique sur l'industrie de la construction au Québec.

Devant les refus répétés du gouvernement de Jean Charest, une motion de l'opposition sera déposée et débattue mercredi.

Que l'Assemblée nationale exige une commission d'enquête publique et indépendante portant sur l'ensemble de l'industrie de la construction au Québec.

— Texte de la motion qui sera présentée mercredi

Le gouvernement continue en effet de fermer la porte à une enquête publique sur le financement des partis au Québec et sur de possibles liens avec des entrepreneurs en construction. Rappelons que Radio-Canada a révélé récemment l'existence d'une collusion entre les grandes entreprises de construction.

Le ministre Claude Béchard

Le ministre Claude Béchard

Le ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques, Claude Béchard, a indiqué à ce sujet que plusieurs enquêtes policières étaient en cours. Il a estimé qu'une enquête publique pourrait empêcher d'agir rapidement dans ce dossier. Il a toutefois ajouté que « la patience a ses limites », et qu'il s'attendait à de l'action bientôt.

« Il faut regarder les choses une à la fois. Je suis prêt à faire un certain nombre de choses. Le gouvernement, on est clair qu'on va passer à l'action. On le fait aujourd'hui sur la Loi électorale. Il y aura peut-être d'autres étapes dans les prochains jours », a déclaré Claude Béchard.

En point de presse, au sortir du conseil général de la Fédération des travailleurs du Québec, la chef de l'opposition officielle, Pauline Marois, a précisé qu'une enquête publique devrait être bien encadrée. Selon la chef du Parti québécois, les récentes révélations éclaboussent toute l'industrie, alors que ce ne sont peut-être que quelques gros joueurs qui seraient impliqués.

Des changements à la Loi électorale envisagés

Les allégations ayant entraîné la démission de Benoît Labonté du parti Vision Montréal incitent également le gouvernement du Québec à envisager des modifications à la Loi électorale.

Le ministre Claude Béchard a annoncé mardi qu'il était prêt à « serrer la vis » en déposant un projet de loi modifiant les règles des courses à la direction et du financement des partis municipaux. M. Béchard tend la main à l'opposition, dont l'appui est nécessaire pour modifier la Loi électorale.

La chef du Parti québécois, Pauline Marois

La chef péquiste Pauline Marois

Notons que le Parti québécois a réclamé lundi, par la voix de son porte-parole en matière de sécurité publique, Bertrand St-Arnaud, un élargissement des dispositions de la Loi électorale en matière de financement des partis politiques. Mardi, Pauline Marois a estimé que les règles municipales devraient être semblables à celles encadrant les partis provinciaux. Elle a ajouté que le gouvernement avait été lent à réagir dans ce dossier.

La Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités prévoit notamment qu'un parti municipal peut recueillir des dons anonymes en argent comptant jusqu'à concurrence de 20 % de tous les dons recueillis dans une année.

La Loi électorale prévoit par ailleurs que les dons aux partis municipaux ne peuvent dépasser 1000 $ par année par électeur (3000 $ pour les partis provinciaux). Toutefois, les dons aux candidats à la direction d'un parti ne sont comptabilisés d'aucune façon. Ce n'est que lorsque l'un d'eux devient chef que les dons deviennent sont alors considérés comme des contributions à son parti.

Radio-Canada.ca avec Presse canadienne