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Politique

ADQ

Gilles Taillon est le nouveau chef

Mise à jour le lundi 19 octobre 2009 à 14 h 37

Gilles Taillon

Photo: La Presse Canadienne /Clement Allard

Gilles Taillon (archives)

C'est Gilles Taillon qui a été choisi comme chef de l'Action démocratique du Québec (ADQ) avec une faible majorité de 50,03 % devant Éric Caire au deuxième tour. Christian Lévesque a été éliminé au premier tour. Le taux de participation est d'environ 30 %.

Le vote pour choisir le prochain chef de l'ADQ avait commencé à 8 h vendredi matin pour se terminer à 15 h dimanche après-midi. Les 13 500 militants ayant le droit de voter se sont prononcés par téléphone pour indiquer leurs premier et deuxième choix parmi les trois candidats qu'étaient Gilles Taillon, Éric Caire et Christian Lévesque.

Gilles Taillon avait promis aux membres de son parti, s'il était élu à la tête de l'ADQ, de rallier 30 % des électeurs « huit à dix mois » après son accession au pouvoir.

Après avoir été déclaré élu, il a pris la parole à Québec, devant les militants, en acceptant cette victoire avec « humilité ».

Cette victoire-là, je l'accepte avec d'autant plus d'humilité que la course a été exceptionnellement serrée. [...] Nous allons devoir travailler ensemble Christian, Éric et moi, l'équipe parlementaire, l'ensemble des gens, pour faire en sorte que l'ADQ triomphe en 2012-2013.

— Gilles Taillon

Né en 1945, Gilles Taillon était le plus âgé des trois candidats. Il détient un baccalauréat en arts (1967), une licence d'enseignement secondaire (1970), une licence en lettres (1972) et un diplôme en relations industrielles (1974) de l'Université de Montréal. Avant d'être élu député de l'ADQ dans la circonscription de Chauveau, en 2007, et défait dans Chapleau en 2008, M. Taillon a été directeur général de la Commission scolaire catholique de Sherbrooke (1990-1996), chargé de cours à l'Université de Sherbrooke (1994-1997), directeur général de la Fédération des commissions scolaires du Québec (1996-1998) et président du Conseil du patronat du Québec (1998-2006). Lors de la campagne à la direction de l'ADQ, il avait songé à se retirer de la course après avoir appris qu'il devait combattre à nouveau un cancer de la prostate.

Une surprise pour Éric Caire

En point de presse après le discours du nouveau chef, le candidat arrivé deuxième, Éric Caire, a reconnu que la situation est difficile, compte tenu du résultat plus que serré, soit 1901 votes contre 1899.

Malgré tout, le député de La Peltrie a reconnu d'emblée la victoire de Gilles Taillon et a décidé de se rallier en parlant de « devoir de solidarité envers notre chef ».

C'est une course qui a été difficile, il y avait énormément d'émotion. [...] Avec le temps, il y a bien des choses qui peuvent changer, il y a bien des plaies qui peuvent cicatriser. Donc, mon travail à moi, présentement, c'est de dire aux militants, de quelque équipe qu'ils ont été :''restez, restez, on a un parti à reconstruire''.

— Éric Caire

Une campagne houleuse

La campagne a été le prétexte à de nombreuses altercations entre MM. Caire et Taillon.

Après avoir accusé son adversaire dans la course à la direction de l'ADQ, Éric Caire, d'avoir falsifié son curriculum vitae, Gilles Taillon s'est retrouvé à son tour dans l'embarras au sujet de son propre curriculum vitae.

L'ex-numéro deux de l'ADQ avait admis jeudi que sa propre feuille de route contenait des erreurs.

Dans son C.V., Gilles Taillon inscrit qu'il a été, entre 1996 et 1998, vice-président exécutif de la Fédération des commissions scolaires du Québec, alors qu'il en a plutôt été le directeur général, titre moins prestigieux.

M. Taillon s'est défendu en expliquant qu'il a modifié son titre lorsqu'il est arrivé dans le secteur privé pour que ses collègues comprennent mieux sa fonction. « Ce n'est pas une volonté d'embellir son curriculum, ce n'est pas une volonté de s'avantager », a-t-il plaidé.

Éric Caire n'a pas voulu commenter, préférant laisser les militants du parti juger de la situation. « Je vais laisser les militants, laisser les gens commenter les événements, analyser les événements, qui a fait quoi », a-t-il dit.

Le troisième candidat à la direction de l'ADQ, Christian Lévesque, s'est lui aussi gardé de commenter ouvertement les derniers développements. « Vous savez l'événement d'aujourd'hui concernant M. Taillon parle par lui-même », a-t-il soutenu.

Mais, selon lui, la guerre ouverte que se sont livrée MM. Taillon et Caire sur la place publique a nui considérablement au parti. « La chicane n'a aidé personne. Quand est survenue la chicane, c'est devenu plus difficile tant au niveau du financement qu'au niveau du recrutement des nouveaux membres », a-t-il souligné.

Radio-Canada.ca avec Presse canadienne