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Politique

Nord québécois

Le « plan » se fait « démarche »

Mise à jour le mercredi 14 octobre 2009 à 16 h 17

Vue de Kuujjuaq

Photo: La Presse Canadienne /Jacques Boissinot

Vue de Kuujjuaq

Un an après avoir dévoilé en grandes pompes son plan Nord, censé assurer le développement d'une large portion du territoire québécois, le gouvernement Charest tente tant bien que mal d'expliquer ce dont il s'agit.

À l'Assemblée nationale, mardi, la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, a fait valoir que le plan auquel faisait référence le Parti libéral avant le déclenchement de la dernière campagne électorale était en fait une « démarche », dont les retombées s'étaleront jusqu'en 2035.

« Le plan Nord, c'est une démarche, et mon défi à moi, c'est d'orchestrer la mise en oeuvre d'une démarche qui va se déployer sur toute une génération », a-t-elle fait valoir, en ajoutant que l'approche du gouvernement se fonde sur le partenariat.

Jusqu'ici, le gouvernement s'est borné à annoncer son intention de construire des routes et de lancer d'ici 25 ans de nouveaux projets hydroélectriques. Outre des communiqués du Parti libéral du Québec, aucun document gouvernemental officiel n'explique ce qu'est le plan Nord.

Le même flou règne d'ailleurs du côté d'Hydro-Québec. Le PDG de la société d'État, Thierry Vandal, y a fait allusion la semaine dernière en commission parlementaire, mais les seuls documents qu'il a pu fournir pour l'expliquer étaient ceux du PLQ.

Cette situation permet au Parti québécois de railler le gouvernement, qu'il accuse de s'être lancé dans la quête du Saint-Graal. « On ne parle pas d'un plan global du Nord québécois, alors on est loin d'un plan Nord », laisse tomber le porte-parole de l'opposition officielle en matière de développement nordique, Luc Ferland.

La Fédération québécoise des municipalités se montre elle aussi inquiète. « En terme de contenu, on est un petit peu dans le vague. On compte bien nous associer à tout ça, mais nous associer à quoi? » a lancé mardi le président de l'organisme, Bernard Généreux.

Mme Normandeau a annoncé mardi que 200 partenaires du gouvernement - communautés autochtones, communautés non autochtones, maires, environnementalistes, compagnies privées, etc. - ont été conviés au Centre des congrès de Québec, le 6 novembre, afin de discuter de la marche à suivre.

Dans un premier temps, « on veut s'assurer de partager la même vision avec eux », a expliqué la ministre au Devoir. Ensuite, « on va être dans la mécanique. « Moi, je veux savoir de leur part comment on rend opérationnelle cette démarche. [...] De quelle façon on va travailler ensemble. Est-ce qu'on se donne des sous-comités de travail par exemple? Sur les thèmes de l'énergie, des mines, de la faune, du tourisme. D'autres voudront parler de logements. »

Le gouvernement Charest abandonne donc l'idée de tenir une vaste consultation, comme une commission parlementaire, sur le plan Nord, qui circulait depuis son annonce il y a un an.

« Oubliez le mot consultation. C'est une table de travail, dans le fond. On va compléter le travail déjà amorcé avec les communautés. On veut les mettre dans le coup dès le début du processus », a expliqué la ministre en entrevue à la Presse canadienne.

« Le plan, a précisé la ministre au Devoir, va se déployer sur toute une génération. On ne parle pas d'un plan de deux ou trois ans, on parle d'un plan qui va se déployer jusqu'en 2035. » Selon Mme Normandeau, le plan du gouvernement demeure plus ambitieux que celui qu'avait échafaudé l'ancien premier ministre Robert Bourassa pour la baie James.

Radio-Canada.ca avec Le Devoir