Un plan qui manque de transparence

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Stephen Harper faisant une annonce à Calgary relativement au programme d'infrastructures, en mai 2009. Stephen Harper faisant une annonce relative au programme d'infrastructures, à Calgary, en mai 2009.   © Jeff McIntosh

Le directeur du budget fédéral, Kevin Page, critique le gouvernement Harper pour le peu d'information entourant son plan de relance de 12 milliards de dollars. L'opposition prend la défense de M. Page.

Le gouvernement Harper s'est fait taper sur les doigts à deux reprises, vendredi. Le directeur du budget fédéral, Kevin Page, déplore le peu d'informations donné par le gouvernement de Stephen Harper relativement à son plan de relance économique de 12 milliards de dollars. Il dispose de si peu de détails, dit-il dans un rapport préliminaire, qu'il est impossible d'évaluer si les initiatives gouvernementales ont réellement exercé un effet sur la reprise.

Critiquant le manque de transparence, il affirme qu'il est difficile de savoir où les sommes ont été investies, le gouvernement ne faisant pas de distinction entre l'argent dépensé et les sommes simplement annoncées. M. Page compare désavantageusement le rapport trimestriel du gouvernement au plan de relance économique détaillé du gouvernement américain.

Le directeur du budget fédéral, Kevin Page Le directeur du budget fédéral, Kevin Page

Autre critique que formule le directeur du budget, le nom des programmes et leur classification changent continuellement. Il est donc difficile de suivre leurs progrès d'un rapport trimestriel à l'autre.

Ce rapport est déposé alors que l'opposition reproche aux conservateurs de couper l'herbe sous le pied à ce haut fonctionnaire, qui joue en quelque sorte le rôle d'un chien de garde chargé d'informer les Canadiens sur l'état des finances publiques.

Le poste de directeur parlementaire du budget a été créé par les conservateurs, dans la foulée de la campagne fédérale de 2005-2006. Alors que les libéraux étaient empêtrés dans le scandale des commandites, les troupes de Stephen Harper avaient promis de rendre le gouvernement imputable et de créer un bureau chargé d'offrir des prévisions budgétaires indépendantes en fonction de l'ensemble des facteurs économiques.

La promesse est devenue réalité, et M. Page a contredit le gouvernement Harper à quelques reprises. Il a notamment prédit qu'il sous-estimait les déficits à venir, que les coûts de la guerre en Afghanistan seraient beaucoup plus élevés que prévu ou encore que la récession était imminente alors que les conservateurs le niaient.

En quelques années, son budget a été amputé de moitié, soit près d'un million de dollars. L'opposition accuse le gouvernement de couper les vivres au directeur du budget et de vouloir ainsi éviter un débat sur l'état actuel des finances publiques.

Un deuxième rapport critique

La Commission de la fonction publique a de son côté ciblé Infrastructure Canada, l'organisme gouvernemental chargé de superviser les 38 milliards consacrés à l'ensemble des infrastructures fédérales. Une partie du plan de relance du gouvernement Harper passe par le financement d'infrastructures.

Le rapport de la Commission accuse l'organisme d'avoir eu trop peu d'employés et d'avoir en outre embauché des travailleurs non qualifiés. Un porte-parole du ministère des Transports et de l'Infrastructure et des Collectivités a affirmé que l'organisme avait commencé à corriger la situation.