À Ottawa, les députés débattront vendredi d'un projet de loi privé parrainé par la députée bloquiste de la circonscription montréalaise de La Pointe-de-l'Île, Francine Lalonde, qui propose de légaliser dans une certaine mesure l'euthanasie et le suicide assisté.
Les députés fédéraux se penchent aujourd'hui sur projet de loi privé parrainé par une bloquiste qui ouvre la porte à la législation de l'euthanasie et du suicide assisté. Une initiative déjà dénoncée.
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PC/Tom Hanson
Le projet de loi C-384, dont le texte avait déjà été déposé en 2005, puis en 2008, propose de modifier le Code criminel pour permettre aux personnes souffrant d'une maladie en phase terminale de « mourir dignement ».
Récemment, la députée confiait aux médias qu'à son sens, le contexte était mûr pour aborder franchement cette délicate et complexe question. Mme Lalonde s'inspire entre autres dans sa démarche de l'expérience de la Belgique et de la Hollande. Selon le projet de loi, pour mettre fin à ses jours, une personne devra donner son consentement libre et éclairé.
Fortes craintes
Mais avant même d'avoir été débattu aux Communes, le projet de loi suscite des réactions. Un groupe d'opposants s'est présenté devant le Parlement pour exprimer son refus de voir la porte entrouverte au suicide assisté.
Le docteur Jose Pereira, chef des soins palliatifs à l'Hôpital d'Ottawa, a aussi travaillé en Suisse où l'on a légalisé l'euthanasie et le suicide assisté. Il affirme que de telles législations minent parfois l'offre de programmes de soins palliatifs qui sont axés sur le contrôle de la douleur. De son côté, Jean Bartkowiak, du centre de soins palliatifs Bruyère, à Ottawa, s'oppose vigoureusement au projet de loi qui risque de compromettre, selon lui, la relation de confiance et les soins entre le médecin et le patient.
Par contre, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, pense pour sa part que le projet de loi ne vient en rien entraver l'existence d'un bon système de soins palliatifs.