![]() Départ de Denis Coderre Ignatieff tente d'apaiser la tourmenteMise à jour le mercredi 30 septembre 2009 à 4 h 26
Le chef du Parti libéral du Canada, Michael Ignatieff, tente de calmer la tempête au lendemain de la démission fracassante de son lieutenant politique au Québec, Denis Coderre. Amputé de son bras droit au Québec, M. Ignatieff était à Laval, mardi soir, pour animer une activité de financement que devait présider M. Coderre. Il est rare que le chef se déplace lui-même pour ce genre d'événement. Interrogé par les journalistes, Michael Ignatieff a reconnu avoir passé une semaine difficile, mais il prétend que sa formation est aux prises avec de bons problèmes, puisque, dit-il, la bisbille des derniers jours prouve que son parti bénéficie d'un engouement au Québec et que les bons candidats se bousculent au portillon. Michael Ignatieff a balayé du revers de la main les critiques formulées par son ancien lieutenant, qui a accusé la « garde rapprochée de Toronto » de s'ingérer dans les affaires du parti au Québec. Les questions d'organisation et de candidatures [...] soulevées dans les deux dernières semaines ont été soulevées au Québec par des Québécois et ces questions [...] vont être réglées au Québec par des Québécois sous mon leadership. Point à la ligne. — Michael Ignatieff En coulisses, certains députés disent désapprouver la démission de Denis Coderre tout autant que sa sortie publique, mais ils admettent que, dans les faits, il n'a fait que dire tout haut ce que plusieurs pensent tout bas. D'autres soutiennent toutefois que M. Coderre en menait beaucoup trop large. Signe de la tension qui règne dans le parti, la garde rapprochée de Denis Coderre n'était pas sur place. L'activité a réuni moins de 200 personnes qui ont déboursé 250 $ chacun. Le cocktail devait plutôt réunir plusieurs centaines de militants. Le vrai test pour le chef libéral viendra toutefois ce week-end. Michael Ignatieff participera au conseil général de l'aile québécoise du PLC. Il devrait par ailleurs nommer dès cette semaine une nouvelle équipe pour relancer les activités du parti au Québec. Départs multiples La démission de Denis Coderre à titre de lieutenant québécois ébranle l'organisation électorale de la formation politique au Québec. Dans un geste de solidarité à l'égard de leur ex-patron, pas moins de cinq membres du parti ont décidé de claquer la porte, soit:
La bisbille au sein des troupes libérales survient à un mauvais moment pour Michael Ignatieff. Son parti a déposé lundi une motion de censure pour tenter de renverser le gouvernement conservateur minoritaire et, le cas échéant, provoquer des élections. Les libéraux comptent sur d'éventuels gains au Québec pour reprendre le pouvoir aux conservateurs. Ce scénario électoral reste éloigné pour l'heure. Le Nouveau Parti démocratique de Jack Layton a déjà fait savoir qu'il allait assurer la survie du gouvernement pour que des modifications au régime d'assurance-emploi puissent être adoptées. D'aucuns estiment tout de même que M. Layton ne pourra soutenir très longtemps un gouvernement conservateur. En attendant que le gouvernement soit défait et le Parlement dissous, le dernier épisode de chicane libérale braque les projecteurs sur l'entourage de Michael Ignatieff. En quittant ses fonctions de bras droit du chef au Québec - un poste qui n'a pas d'équivalent ailleurs au pays - Denis Coderre a épinglé la « garde rapprochée de Toronto », qu'il accuse de s'ingérer dans les affaires du parti au Québec. Si M. Coderre n'a pas nommément identifié ces personnes, les médias anglophones ne manquent pas de le faire mardi matin. Il s'agit du chef de cabinet de Michael Ignatieff, Ian Davey, du secrétaire principal Dan Brock, de la conseillère en communication Jill Fairbrother, du président du PLC Alf Apps, et du directeur national du parti Rocco Rossi. Nul ne sait toutefois quel rôle ces proches de Michael Ignatieff ont pu jouer dans les événements qui ont entraîné la fronde de M. Coderre. Le député de Bourassa a quitté ses fonctions après que Michael Ignatieff eut retourné sa veste et décidé d'appuyer la candidature de l'ex-ministre libéral Martin Cauchon dans la circonscription d'Outremont, contre l'avis de M. Coderre. Ce dernier voulait que la femme d'affaires Nathalie Le Prohon y défende les couleurs du parti. Mme Le Prohon pourrait maintenant briguer l'investiture libérale dans Jeanne-Le Ber, une circonscription du sud-ouest de Montréal. Rodriguez tente d'éteindre le feu Le député libéral de Honoré-Mercier, Pablo Rodriguez, a tenté de minimiser la dissidence au sein des libéraux du Québec. « Malgré les apparences », a-t-il déclaré dans une entrevue accordée au Réseau de l'information, le parti est « extrêmement uni ». La sortie de M. Coderre, ajoute-t-il, n'est pas révélatrice de l'état d'esprit qui règne au sein du parti. Il est par ailleurs normal, dit-il, que les proches d'un lieutenant québécois partent en même temps que lui. Cela a par exemple été le cas dans le passé lors des départs de Jean Lapierre et de Martin Cauchon. M. Rodriguez précise être en désaccord avec les dires de M. Coderre, selon lequel l'aile québécoise du PLC est court-circuitée par « la garde rapprochée de Toronto ». Il soutient que les caucus régionaux du parti remportent diverses victoires, mais que celles-ci finissent par s'équilibrer. Pablo Rodriguez affirme par ailleurs que le parti procédera à des nominations à court terme pour remplacer les membres de l'organisation électorale qui ont démissionné. Il se pourrait toutefois, dit-il, que personne ne porte le titre de lieutenant politique délaissé par M. Coderre. |