Un défi libéral sans risque

Michael Ignatieff et Stephen Harper   © PC/(archives)

Les libéraux ont déposé une motion de censure pour tenter de renverser le gouvernement conservateur minoritaire, en réponse au dépôt, plus tôt en journée, par Stephen Harper du troisième rapport d'étape du plan de relance économique.

Les libéraux ont déposé leur motion de censure pour forcer des élections, mais l'appui réaffirmé du NPD aux conservateurs, en échange de la bonification de l'assurance-emploi, ferait échouer la manoeuvre.

À la suite d'une entente entre les libéraux et les conservateurs en juin dernier, le dépôt du rapport d'étape enclenche une mécanique menant à une journée d'opposition jeudi, où il y aura débat sur une motion de censure.

La motion pourrait faire l'objet d'un vote dès jeudi ou plus tard la semaine prochaine.

Il semble toutefois improbable que les libéraux réussissent à défaire le gouvernement, puisque le Nouveau Parti démocratique se montre toujours prêt à appuyer les conservateurs.

Le chef du NPD, Jack Layton Jack Layton

À la sortie de la Chambre des communes, lundi, le chef du NPD, Jack Layton, a réitéré qu'il soutenait l'adoption des changements proposés par les conservateurs au régime d'assurance-emploi. Ces modifications donneraient près de 1 milliard de dollars aux travailleurs dits de longue durée, ce qu'a martelé M. Layton dans ses réponses aux journalistes.

Le NPD veut toujours faire fonctionner le Parlement si cela permet d'aider les travailleurs et les familles, ont répété Jack Layton et son chef adjoint, Thomas Mulcair.

Le chef néodémocrate a répété que c'est grâce aux pressions de son parti que les conservateurs ont révisé le régime d'assurance-emploi, ce qui pourrait aider quelque 190 000 personnes.

Aux prises avec la controverse entourant le député de Bourassa, Denis Coderre, qui a démissionné de ses fonctions de lieutenant québécois du Parti libéral, le chef libéral Michael Ignatieff a simplement réitéré que sa formation déposerait une motion affirmant qu'elle n'a plus confiance en ce gouvernement. Au sujet du rapport d'étape sur l'économie, M. Ignatieff a déclaré que, selon ses calculs, seulement 12 % des fonds du plan de relance conservateur promis pour l'infrastructure s'étaient vraiment traduit par des projets concrets, et non 90 % comme le prétend le gouvernement.

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe Gilles Duceppe

Quant au Bloc québécois, son chef Gilles Duceppe a déjà dit qu'il appuierait les libéraux. M. Duceppe estime que le gouvernement Harper a privilégié l'industrie automobile ontarienne au détriment des travailleurs forestiers du Québec. Le chef bloquiste dénonce aussi le projet de commission nationale des valeurs mobilières, qui se traduira selon lui par un transfert définitif du pouvoir financier vers Toronto.

M. Duceppe accuse aussi Stephen Harper de n'agir qu'en fonction d'intérêts partisans et de mépriser les institutions. Il en veut pour preuve le fait que M. Harper a présenté son rapport d'étape sur l'économie au Nouveau-Brunswick, plutôt qu'au Parlement. « Pas question de faire confiance à ce gouvernement pour l'ensemble de son oeuvre », a résumé Gilles Duceppe.