Les libéraux en conseil général à Drummondville.
Réunis en conseil général à Drummondville, les militants libéraux se sont prononcés en faveur d'une hausse des tarifs d'électricité et de l'imposition de frais de scolarité aux étudiants des cégeps.
Les militants libéraux adoptent une série de propositions sur des hausses de tarifs. Plusieurs ministres sont intervenus en journée pour souligner que dans le contexte économique, il ne faut écarter aucune avenue.
Ils se prononceront dimanche sur d'autres hausses de tarifs envisagées, notamment en installant des péages sur les autoroutes.
Le gouvernement libéral, qui prévoit être en déficit pendant les quatre prochaines années, est décidé à explorer de nouvelles avenues pour renouer avec l'équilibre budgétaire d'ici 2013 en mettant les Québécois à contribution. Les ministres libéraux ont été nombreux en journée, en marge du conseil général, à expliquer le bien-fondé d'une telle entreprise, tout en disant nécessaire d'agir avec discernement.
Pour atteindre cet équilibre, il n'y a pas 12 façons, selon le ministre des Finances, Raymond Bachand, il faut payer pour des services : « La meilleure façon de payer ça, c'est de créer de la richesse, car ça amène des impôts. La deuxième façon, c'est d'être plus productif. La troisième façon, c'est que ça prend de l'argent ». Les services de santé et d'éducation sont aussi dans la balance. « Il n'y a rien d'écarté, dit-il, on a besoin de services, on a besoin d'universités de qualité et de santé universelle accessible ».
Le ministre du Développement économique, Clément Gignac, lui, a vanté le caractère progressiste d'une hausse des tarifs d'électricité. « C'est les gens les mieux nantis qui sont souvent avantagés par des tarifs faibles. Dans le secteur de l'électricité, c'est très clair. Donc, il faut que les Québécois comprennent que si on veut retourner à l'équilibre budgétaire, qui va contribuer le plus? Il faut que ce soit les mieux nantis ».
Nathalie Normandeau
La vice-première ministre, Nathalie Normandeau, est aussi partisane d'un débat sur la tarification de l'électricité, mais se fait prudente.
« Il faut faire preuve de réalisme et de lucidité. Quand je vous dis ça, il va falloir tenir compte de la capacité de payer des contribuables. Je pense qu'il va falloir éviter aussi de prendre des raccourcis et s'assurer qu'on retourne toutes les pierres », a-t-elle plaidé.
Le ministre de l'Agriculture, Claude Béchard, s'est lui aussi dit soucieux de respecter la capacité de payer des contribuables. Il a aussi soutenu que le gouvernement devait éviter que des hausses massives de taxes et tarifs fassent perdre aux Québécois les gains fiscaux enregistrés ces dernières années.
Vendredi, lors de son discours d'ouverture, Jean Charest a d'abord souligné que le Québec se tirait bien d'affaire, alors que sévit la pire crise économique des dernières décennies.
« Nous avons réussi mieux qu'ailleurs à protéger nos citoyens et notre économie contre la crise la plus brutale et la plus grave des 70 dernières années », a-t-il dit.
Il a fait une longue liste de ses succès, et il se réjouit de constater que le revenu disponible des Québécois a augmenté de près de 4 % depuis 2003.
Il a cependant ouvert la porte à des hausses de tarifs comme une des façons pour atteindre son objectif de 2013, tout en promettant qu'elles s'inscriraient dans une vision de l'avenir de la société québécoise.
Les membres du parti seront aussi appelés cette fin de semaine à élire un nouveau président à la suite du départ de Jean D'Amour, devenu député de Rivière-du-Loup. Ils devront choisir entre Karine Joizil et Marc Tanguay.