Pas d'enquête publique

À Québec, une motion de l'Action démocratique du Québec réclamant une « commission d'enquête publique et indépendante afin de faire la lumière sur les allégations de corruption, de malversation, de collusion et d'infiltration du crime organisé dans le domaine de la construction au Québec » a été rejetée à l'Assemblée nationale, jeudi.

Le gouvernement libéral majoritaire rejette la motion de l'ADQ réclamant une enquête publique dans la foulée d'allégations de corruption dans la construction, tandis que le ministre Bachand rappelle que les investisseurs subissent souvent des pressions.

Vote sur une motion de l'ADQ à l'Assemblée nationale du Québec

Les membres du gouvernement libéral majoritaire de Jean Charest ont tous voté contre la motion, tandis que l'ADQ, le Parti québécois et le député de Québec solidaire, Amir Khadir, l'ont appuyée. La motion a été rejetée par 56 votes contre 44.

Le gouvernement a écarté la tenue d'une enquête publique pour l'instant afin de laisser la plus grande marge de manoeuvre possible aux enquêtes policières en cours. « Si nous arrivions à la conclusion que le travail policier ne pouvait plus donner de résultats, le gouvernement, à ce moment-là, prendra les décisions qui s'imposent », a répondu le whip du gouvernement, Pierre Moreau.

Depuis mardi, les partis d'opposition pressent le gouvernement d'ouvrir une enquête publique sur l'industrie de la construction. Tant le PQ que l'ADQ estiment, au contraire, que les allégations de malversations et de corruption dans l'octroi de contrats s'accumulent à un point tel qu'elles justifient la tenue d'une enquête publique.

En entrevue à RDI, jeudi, la chef intérimaire de l'ADQ, Sylvie Roy, a estimé qu'une telle commission d'enquête était essentielle en raison des quelque 42 milliards de dollars d'investissements prévus d'ici 2013 dans la réfection et le développement des infrastructures du Québec.

Des pressions surviennent, selon Bachand

Raymond Bachand, ministre des Finances du Québec Le ministre Raymond Bachand

Le ministre des Finances du Québec, Raymond Bachand, ancien PDG du Fonds de solidarité de la FTQ de 1997 à 2001, a nié jeudi que l'entrepreneur en construction Tony Accurso ait reçu un traitement de faveur. La question a été soulevée par un reportage de Radio-Canada diffusé mercredi soir, dans lequel plusieurs anciens hauts dirigeants du Fonds se confient au journaliste Alain Gravel.

Le ministre Bachand a affirmé que tous les dossiers étaient traités au mérite, et que des pressions surviennent dans le milieu de l'investissement « comme il y en a lorsqu'une usine ferme, le syndicat de la FTQ fait une pression ». « Bien sûr, quand les gens ont besoin d'un investissement, ils appellent », a expliqué M. Bachand.

Radio-Canada a aussi révélé mardi que l'élection à la direction générale du syndicat FTQ-Construction pour assurer la succession de Jocelyn Dupuis, en novembre dernier, a été manipulée avec l'aide des Hells Angels.

Un entrepreneur rencontré par le journaliste Alain Gravel a aussi soutenu, dans un reportage diffusé dimanche dernier, qu'il existe un club d'entrepreneurs privilégiés qui se distribuent les gros contrats dans le domaine à Montréal.

Le reportage complet de l'émission Enquête est diffusé jeudi à 20 h HAE à la télévision de Radio-Canada, et en reprise dimanche à 18 h HAE à RDI.