![]() PolitiqueOttawa Un sursis grâce au BlocMise à jour le mercredi 16 septembre 2009 à 11 h 45
Le risque d'assister dès vendredi à un renversement du gouvernement minoritaire de Stephen Harper est maintenant écarté. Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a confirmé mardi qu'il appuiera la motion de voies et moyens qui sera déposée vendredi par les conservateurs. Le gouvernement n'a besoin de l'appui que d'un parti d'opposition pour assurer sa survie lors de ce vote de confiance. M. Duceppe a expliqué que la motion contenait des demandes de longue date de son parti, et aucune mauvaise surprise. « Ce sont des demandes que l'on faisait en novembre dernier. Moi, j'ai toujours dit que c'était complètement imbécile d'avoir demandé quelque chose et, quand on l'obtient, de dire: "Non, on n'en veut pas" », a résumé le chef du Bloc québécois. La motion de vendrediLa motion de voies et moyens porte sur la mise en oeuvre du crédit d'impôt pour la rénovation domiciliaire, une mesure contenue dans le dernier budget fédéral. Elle touche aussi le crédit d'impôt pour l'achat d'une première habitation et l'augmentation de la Prestation fiscale pour le revenu de travail. Gilles Duceppe avait jugé lundi que l'annonce par le gouvernement d'une prolongation de 5 à 20 semaines des prestations d'assurance-emploi des travailleurs dits de longue durée semblait être une bonne mesure. Il avait toutefois ajouté que c'était « nettement insuffisant ». Position inconfortable pour le NPD Le Nouveau Parti démocratique a indiqué qu'il ferait connaître officiellement mercredi ses intentions en vue du vote de confiance de la fin de la semaine. Rappelons que le Parti libéral a annoncé, début septembre, qu'il retirait sa confiance envers le gouvernement Harper. En matinée mardi, il semblait acquis que les conservateurs obtiendraient l'appui du NPD. En entrevue à RDI, le député néodémocrate Yvon Godin a clairement indiqué que son parti appuierait la motion de voies et moyens. M. Godin a toutefois ajouté que cet appui ne vaudrait plus si le gouvernement proposait d'autres mesures que les néodémocrates jugeraient inacceptables pour les Canadiens. En réponse aux critiques libérales au sujet de cette position du NPD, Yvon Godin a rétorqué qu'il ne s'agissait pas d'appuyer les conservateurs, mais plutôt de faire fonctionner le Parlement et de soutenir les travailleurs. « Est-ce que nous autres on va jumper parce que Michael Ignatieff a décidé que c'est le temps de sauter le bateau (sic)? [...] S'il y a des choses positives qui viennent au Parlement, on va les évaluer à chaque fois », a dit Yvon Godin à RDI. Après l'annonce des mesures en matière d'assurance-emploi, lundi, le chef du NPD, Jack Layton, a lu une déclaration aux médias, sans période de questions, dans laquelle il déclarait que les nouvelles mesures étaient « un pas dans la bonne direction », mais qu'il « restait beaucoup à faire ». M. Layton semblait beaucoup plus détendu mardi, et a déclaré qu'il devrait évaluer si le gouvernement est vraiment à l'écoute avant de prendre une décision en vue du prochain vote de confiance, à la fin du mois. Attaques libérales
En point de presse à Ottawa, le lieutenant des libéraux au Québec, le député Denis Coderre, a dit qu'il ne croyait pas que le NPD votait par principe, mais plutôt parce que plusieurs députés néodémocrates risqueraient de perdre leur siège, à la lumière des derniers sondages. M. Coderre a affirmé que le NPD n'était pas prêt pour des élections, selon lui. « C'était facile de gueuler et de dire: "Ah! Nous n'appuierons pas le gouvernement!" Mais quand c'est le temps d'aller à la guerre, ils reculent. [...] Ils ne veulent pas perdre ce qu'ils ont. Ça vous démontre la vraie nature de Bernadette », a lancé Denis Coderre. Une autre annonce des conservateursLe ministre fédéral de la Justice, Rob Nicholson, s'est engagé mardi à déposer un projet de loi pour lutter contre les crimes économiques. Il n'en a pas dévoilé les détails, puisque le projet n'a, de toute manière, pas encore été rédigé. L'autre scénario Le scénario d'élections automnales, envisagé depuis la suspension des travaux parlementaires, en juin dernier, a gagné en popularité depuis que le chef libéral Michael Ignatieff a annoncé qu'il ne soutiendra plus le gouvernement Harper. Le 19 juin dernier, les libéraux ont appuyé le gouvernement lors du vote sur les crédits budgétaires après que le premier ministre Stephen Harper eut accepté de créer un groupe de travail chargé d'étudier des modifications au programme d'assurance-emploi. Les travaux du comité ont finalement tourné court. Les libéraux profiteront d'une journée de l'opposition dans la semaine du 28 septembre prochain - journée consentie par les conservateurs dans les négociations du mois de juin - pour soumettre une motion de censure au Parlement. Si les néodémocrates et les bloquistes devaient se liguer avec les libéraux, le gouvernement tomberait. Le gouvernement a besoin de l'appui d'un seul parti pour survivre.
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Emmanuelle Latraverse fait le point sur les développements à la Chambre des communes.
Le Bloc québécois accorde son appui au gouvernement, ce qui permet d'éviter la tenue d'élections pour l'instant.
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