La ministre Courchesne au sortir de la commission parlementaire, mardi
Québec souhaite resserrer la gouvernance des universités et des cégeps. Mais les représentants de cégeps et d'universités ne sont pas de cet avis et comptent bien le faire entendre lors des consultations sur les projets de loi 38 et 44, qui s'ouvrent mardi en commission parlementaire.
À l'occasion de l'ouverture des consultations sur les projets de loi 38 et 44, le milieu collégial exprime son opposition à la volonté du gouvernement du Québec de resserrer la gouvernance des cégeps et des universités.
Le scandale financier de l'UQAM est à l'origine des projets de loi 38 et 44. La découverte d'un trou de 400 millions de dollars dans les caisses de l'université avait mis en lumière des lacunes dans la gestion et la reddition de comptes.
Selon la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, les projets de loi 38 et 44 proposent des principes de gouvernance qui visent à assurer une « plus grande indépendance » et « une plus grande efficacité » aux établissements d'enseignement.
Levée de boucliers
Aux critères de gouvernance resserrés, le président de la Fédération des cégeps du Québec, Gaétan Boucher, oppose le fait que les collèges du Québec ont d'ores et déjà une marge de manoeuvre réduite en matière de finances, car ils sont tenus de respecter l'équilibre budgétaire.
M. Boucher avance également le coût qu'engendrerait le projet de loi 44. Il affirme que l'adoption du projet de loi coûterait 15 millions de dollars par année.
Pour sa part, le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec, Xavier Lefebvre-Boucher, s'interroge au sujet des changements qui affecteraient les conseils d'administration. « Les conseils d'administration vont devoir faire un choix à savoir s'ils veulent avoir un membre du personnel de professionnels ou du personnel de soutien. Ce qu'on trouve absurde ! » a-t-il déclaré.
Mme Courchesne justifie le contrôle accru des mécanismes de gouvernance par la « saine gestion des fonds publics », qui permettrait « une amélioration constante des services rendus aux citoyens ». Il est question, selon Mme Courchesne, d'un partage des responsabilités entre le ministère et les établissements d'enseignement.