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PC/Jacques Boissinot
Les chefs des trois partis d'opposition sont au Québec dans ce qui ressemble à une tournée préélectorale.
Michael Ignatieff, Gilles Duceppe et Jack Layton, les chefs des trois partis d'opposition à Ottawa, étaient en tournée vendredi au Québec. Ces apparitions rappellent que la rentrée d'automne est proche et que le déclenchement d'élections demeure possible.
À la fin septembre, aux Communes, un vote de censure à l'égard du gouvernement conservateur de Stephen Harper pourrait pousser les Canadiens vers un quatrième scrutin national en un peu plus de cinq ans.
Le 28 septembre, le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, présentera son rapport trimestriel sur l'état de l'économie par rapport aux mesures contenues dans le plan d'urgence des conservateurs.
Deux jours plus tard, soit le 30 septembre, ce sujet pourrait mener à un vote de censure. En effet, la réforme de l'assurance-emploi est au coeur d'un litige entre conservateurs et libéraux malgré la formation d'un comité mixte sur la question.
Le Parti libéral du Canada
Le chef du Parti libéral, Michael Ignatieff, était de passage à l'Université Bishop. Devant quelques centaines de personnes, il a prononcé une conférence portant sur les deux livres qu'il a écrits. L'un d'eux fait référence à ses racines dans la région.
En marge de cette rencontre, le chef du PLC a dit qu'il poursuivait sa réflexion en ce qui concerne un possible déclenchement des élections cet automne en renversant le gouvernement. Il n'en reste pas moins qu'une trentaine de candidats libéraux étaient en formation vendredi pour se préparer à une telle éventualité.
Michael Ignatieff s'est également dit attentif aux préoccupations des maires du Québec qui seront en campagne électorale cet automne. Ceux-ci espèrent qu'il retarde le déclenchement des élections après les municipales qui auront lieu le 1er novembre prochain.
Le Bloc québécois
Pour sa part, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a affirmé qu'il était prêt à se lancer dans une nouvelle campagne électorale tout en restant prudent à ce propos.
Dans un point de presse tenu vendredi matin après une allocution donnée à Montréal devant la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), il a répété que sa formation n'hésitera pas à faire obstacle à toute proposition du gouvernement Harper qui va à l'encontre des intérêts du Québec.
Selon lui, les libéraux et les conservateurs partagent les mêmes idées politiques sur plusieurs fronts, comme l'assurance-emploi. Le chef bloquiste qualifie de « bidon » le comité mixte qu'ils ont mis sur pied pour réformer le régime pendant que les chômeurs attendent de l'aide.
Sans dire qu'il souhaitait la tenue d'un scrutin cet automne, M. Duceppe a laissé entendre que sa machine électorale roulait déjà à pleine vapeur. Plusieurs assemblées d'investiture ont eu lieu. En outre, le comité électoral est sur pied depuis juin et les thèmes que le Bloc entend mettre en valeur ont été définis.
Le NPD
Pour sa part, le chef du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, s'est également adressé vendredi devant la FEUQ à Montréal, mais en après-midi.
Un peu comme son homologue du Bloc québécois, il n'a pas voulu dire s'il souhaitait la tenue d'élections à l'automne. Toutefois, en conférence de presse, il a précisé que si les Canadiens ne se ruent pas pour réclamer un scrutin, « ironiquement, d'une même voix, ils demandent à ce que Harper soit défait ».
Le NPD, qui ne compte qu'un député au Québec, est conscient de l'image de parti centralisateur qui lui colle à la peau. Toutefois, son chef assure qu'il s'agit d'un mythe que ses adversaires se plaisent à propager.